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« Francesco !!! » S’esclaffe Leonard à son fidèle acolyte. « Je crains que nous soyons dans l'obligation de décliner l'invitation du roi... Tu te souviens de la médaille salamandre en diamant qu’il m’avait offerte en guise de bienvenue ? Je l’ai par malheur égarée et le roi voudra absolument que je l'arbore à sa réception le mois prochain. »
Francesco éberlué, se demande comment il est possible de perdre une pièce de si grande valeur.
Les deux hommes, les pieds plongés dans les eaux fraîches de la Loire, contemple depuis l’île d’or la façade du château rutilant au coucher du soleil. L'histoire est cocasse. « Après avoir eu un premier contact avec un vin de la Loire gouleyant et équilibré, j’ai voulu m’assurer de toute sa complexité. Une gorgée en entrainant une autre, je me suis retrouvé sur le pont à chanter, en français, tournoyant ma tunique. J’étais catapulté quelques années en arrière, enivré de l'ambiance festive du Ponte Vecchio... et...catastrophe. J’ai aperçu la médaille tomber à l’eau.
Francesco suggère l'idée de sonder les eaux de la Loire pour tenter de retrouver la médaille disparue. La nuit est agitée, ponctuée de pas allant et venant dans la chambre principale du Clos Lucé. « Après les airs, il est temps d'explorer ce qui se passe sous les eaux. » s’obstine Léonard. Il ne restait plus qu'à trouver comment respirer sous l'eau. Premièrement la sélection des matériaux.
Francesco ne se remettra jamais de ces expérimentations. Il fut enfermé dans un cercueil et plongé dans une des marre du domaine pour vérifier l'étanchéité du bois, saucissonné avec des intestins bovins lestés et cousus, cloîtré dans une relique en verre secrètement subtilisé dans une église tourangelle durant l'heure de la sieste et encellulé dans une armure de guerre calfeutrée. Les deux hommes travaillèrent d’arrache-pied jours et nuits.
Une semaine avant la rencontre avec le roi la tension est à son comble. Léonard vint à manquer de papier pour le dessin des plans de ce qu'il allait nommer l’Amboisienne en l'honneur de son ami et mécène. Il se voit obligé de gribouiller son invention au dos du croquis du cheval commandé par le duc Sforza. Je n’en suis pas très fier, mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ironisa-t-il.
Deux taureaux normands sont sélectionnés et l’Amboisienne est confectionnée. Francesco doute de l’étanchéité de l’invention mais, accepte à nouveau le rôle de cobaye afin de ne pas heurter la sensibilité de son maître. Il se retrouve à nouveau dans la marre du domaine.
Francesco devient livide, frôle la mort, mais ressort de la marre sec. Léonard jubile. La nuit, il ajoute à son œuvre deux tiges de bambou permettant à son ami de respirer et une visière pour scruter les fonds de la Loire.
Le rendez-vous est pris la veille de l’anniversaire du Roi au lever du jour et à l’abri des regards indiscrets.
Ils fêtent allègrement la réalisation de l’Amboisienne. Francesco apparaît moins serein mais arrose sa peur de liqueur italienne.
Au petit matin, les oiseaux chantent et les perles de rosée scintillent aux premiers du soleil. Les deux hommes se faufilent discrètement à travers le bois guettant la moindre présence. Aux sifflements des pinçons s’accompagnent un son cristallin, aigu, discret et à fréquence constante. « C’est sûrement ce sacré Ferdinand de la fanfare qui s’entraîne » chuchota Léonard.
Ils avancent, quittent le bois et s’approchent du bourg, mais le son est toujours présent. « C’est probablement Arthur le forgeron qui façonne la nouvelle armure du roi » murmura le peintre.
Francesco fait arrêter Léonard, le regarde et lui fait une longue étreinte. Il s’écrie ensuite :" Je marchais dans la vallée de la mort mais ta poche à la source de mon salut."
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