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Autant en emportent les vents

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Virginie Ronteix

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341 voix

FINALISTE
Sélection Public

Un matin, il commença à écrire...
Pour ne pas perdre le nom des couleurs : « gorge-de-pigeon », « amarante », « flavescent ».
Il écrivit les nuages et le vent, les odeurs de tourbe et d’herbe coupée, la chaleur qui persiste un peu sur la peau et les parfums doux de la plage le soir, juste entre chien et loup. Cette sensation des pieds nus sur le sable d’après-midi brûlant dont chaque grain semblait si curieusement frais et agréable sitôt la nuit venue. Surtout, il écrivit la douceur. La tiédeur d’une toison d’agneau, le grain lisse de la peau d’un nouveau-né, un baiser. La caresse à l’encolure d’un cheval et la peau si fine et frêle à l’arrondi de ses naseaux. Le suc de la clémentine sur les doigts, empreinte odoriférante du cœur de l’hiver comme autant de petits soleils. Le duvet des pêches de vigne, leur jus...
Les jours et les nuits passaient, il écrivait toujours, obstiné à garder au monde les beautés de la vie. Il advint qu’il n’eut plus d’encre. Il pleura des larmes amères, y trempa une plume taillée et continua à écrire.
Cette fois, il fixa les chagrins. Ceux qui partirent, ne revinrent pas, ceux qui nous ont manqué trop tôt, les arbres morts assassinés, les haies d’oiseaux. Les petits enfants devenus grands trop vite et les vieux hommes abandonnés. Dans ses yeux le sang des batailles servit aussi d’encre de chair. Il écrivit les canons, les attentats et les cadavres, les amochés de leurs blessures, les plus-jamais.
Tard le soir il écrivait, au matin poursuivait toujours. Il ne lui resta plus que l’eau. Il y mit un peu de suie, dans la compréhension que la noirceur aiderait à garder trace. Comme on orne une grotte, on bâtit une cathédrale, comme on met au monde un enfant, il écrivit.
Lorsqu’il eut couché tous les mots qu’il connaissait, venus à lui dans la pénombre ou la lumière, il rassembla sa collection.
Devant sa maison il traça un cercle dont il empierra le contour. Au centre il plaça tous ses écrits. Vaste comme l’humanité, l’amas de pages laissait entrevoir des mots colorés de chair et de sang, des entailles de plume et des chatoiements de poèmes.
Lorsque la brise du soir emporta la dernière cendre née de cet autodafé l’homme sourit depuis le seuil de sa maison. Devenus poussière, les mots seraient semés plus loin. Chéris par la terre, bercés par l’astre solaire, ils prendraient racine au cœur des hommes.
Le vent les porterait plus loin. C’est ainsi que vont les histoires.

PRIX

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Finaliste

341 VOIX

CLASSEMENT Très très courts

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Moniroje · il y a
Mais là, c'est elle.
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Hamza DIB · il y a
Une belle ecriture. Mes encouragements et mes votes.
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Isabelle Lambin · il y a
Une vision poétique de l'écriture
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Olessya · il y a
Merci pour ce bel poème-récit. Doux, touchant, profond.
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Jean Calbrix · il y a
Bonjour Virginie ! Mon sonnet "Spectacle nocturne" est désormais en finale : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/spectacle-nocture Il sollicite de vous un nouveau soutien
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Firmin Kouadio · il y a
Vous méritez plus que nos voix! Vous avez les miennes déjà, vous en aurez d'autres encore, sûrement ! Bonne chance à vous !
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Bernadou Beatrix · il y a
Et 4 voix de plus, bien méritées. Bisou.
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JARON · il y a
Bonjour Virginie, tout mon soutien pour cette belle écriture
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Chateaubriante · il y a
re *****
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Virginie Ronteix · il y a
Le compliment le plus TTC qui aurait eu mes suffrages si j'avais dû voter ! !-) Merci
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Chateaubriante · il y a
ce matin, je commence à écrire
à vous écrire ces mots que m'inspirent les vôtres
crescendo
les couleurs de la vie s'estompent
laissent place aux chagrins, aux regrets et remords
avant le temps de la violence et de la mort
à bout de mots
à la toute fin
il fallut les brûler
que le vent les emporte
telles semences
qui engendreront de nouveaux mots
qui nourriront de nouvelles histoires

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Fred Panassac · il y a
Une très belle écriture, je relis votre texte avec plaisir et je confirme mon soutien.
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Virginie Ronteix · il y a
Merci Fred !
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