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Au pays du froid

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Fred

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Brrr quel froid, le thermomètre est descendu en-dessous de moins vingt degrés, heureusement que l’on est bien habillé pour cette randonnée en chiens de traineau.

La journée commence par la rencontre avec notre musher et ses chiens, des superbes bêtes, en pleine santé et impatientes d’être mise à l’attelage. Je donne un coup de main pour placer chaque chien à sa place. La place des chiens est importante, car la meute est très hiérarchisée et pour éviter les conflits il convient de mettre chaque chien au bon endroit. En tête c’est bien sûr le chef, le roi de la meute celui sur qui le musher peut compter, celui qui va donner le rythme à la balade. Pour mettre les chiens à leur place respective, bien sûr qu’il faut accomplir les gestes avec les mains sans moufles et le froid affamé de chairs à geler a tôt fait de mordre cruellement mes mains, mes doigts s’engourdissent rapidement ce qui rend la manœuvre difficile. A chaque instant je souffle de l’air chaud entre mes doigts ce qui provoque un nuage de vapeur qui se dépose sur ma moustache qui blanchit à chaque fois un peu plus. Charly notre musher ne doit pas ressentir le froid, depuis le début de notre rencontre il a les mains nues et ne semble pas souffrir du froid.

Nous voilà parti, le traineau sur lequel j’ai pris place glisse sur la neige poudreuse à souhait. Je suis caché sous une épaisse peau de mouton qui me protège efficacement du froid qui semble avoir pris l’ascenseur dans le sens de la descente. On ne distingue de ma frileuse personne que ma tête encapuchonnée dans une sorte de gros bonnet en fourrure synthétique avec des oreilles et une paire de lunettes pour explorateur des pôles.

Le paysage que je vois défiler est tout simplement magique. J’ai l’impression de vivre un rêve. Tout est silencieux si ce n’est le crissement des lugeons du traineau sur la neige, le halètement des chiens, les encouragements de Charly qui motive et guide les chiens d’une voix à la fois ferme et chaleureuse.

La piste serpente, tantôt à travers une forêt de sapins immenses, majestueux, recouverts d’une neige immaculée, tantôt dans de grands espaces naturels nus de toute végétation où l’on perd toute notion de distance, de direction où règne en maître et seigneur l’intemporel et le froid.

Voilà plus d’une heure que nous glissons vers l’horizon. Certainement dû à mon immobilité, le froid semble, insidieusement, s’être glissé sous l’épaisse peau de mouton qui me protège et, mon corps de citadin peut habitué à de si grands froids frissonne. La randonnée perd peu à peu de son charme, l’environnement qui me laissait sans voix me semble tout à coup hostile. Il faut que je réagisse avant que la peur de me perdre dans ces étendues à perte de vue provoque une crise de panique et que le froid réduise ma carcasse à un gros bloc gelé balloté par les secousses du traineau.

Je me décide donc à ôter mes lunettes virtuelles et à recharger de bonnes grosses buches de bois la cheminée de mon salon afin de finir mon périple dans les meilleures conditions possible.......
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Elena Hristova · il y a
Et moi je me suis laissé prendre, sans me poser des questions je suis partie sur le traineau de vos mots, j'ai glissé, glissé, glissé et hop, plein sur le tapis du salon, bien au chaud! Merci pour cette belle aventure!
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Pascal Depresle · il y a
Oh Fred, j'étais parti sur la piste de Croc-Blanc et me revoilà dans la réalité. Fort bien écrit.
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Fred · il y a
merci Pascal
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