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Au fin barbier

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François Perroy

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J’aime courir avec du vocabulaire
Indispensable pour enrichir mes fulgurances surgissantes
Quand je déroule ma course sur des pavés luisants
Je croise un flandrin, tout de rouge vêtu et chaussé d’or
Le froid pique au point d’en chauvir les oreilles sous le bonnet
Le ciel, de teinte plombagine, écrase la rivière, nappée d’un frissoulis
Apaisé, je finis mon exercice de fin de journée par une pause chez mon merlan
Doté de ciseaux et de rasoirs, il l’est aussi de lettres de Cracovie
Acagnardé dans son antre, mon barbier chambarde toute histoire locale en fable
Et alimente une chronique des jours épiques,
Que certains clients colportent en ville, tant ils saluent ces concetti
Alors qu’il conclue ma coupe, le perruquier la signe à sa manière
D’une échancrure triangulaire bien franche dans le bas de ma nuque
Je reprends mon trimard dans une nuit désormais vantablack

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Jean-Luc Boulin · il y a
Sémillant comme un savant sévillan, ce barbier joggant!

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