Au crépuscule de la vie

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Nous sommes en hiver, dans une petite ville du Nord Est de la France.
Une vieille femme, assise sur un banc, jette des morceaux de pain aux pigeons tous absents à cause de la température extérieure.
Cette femme, courbée comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules et vieille de cent ans, porte un manteau lourd qui cache ses frêles épaules.
Une lueur triste emplit ses yeux quand elle aperçoit ses morceaux de pains au sol presque recouverts par la neige brillante.
Ses voyages passés, ses fous rires entraînants, tout cet amour qu’elle a su donner, c’est comme ça que la vie le lui rend, en lui donnant pour seuls compagnons des oiseaux qui ne font même pas attention à elle...
Elle a un fils, dont les rêves ont toujours été grands.
Elle l’a toujours encouragé.
Maintenant elle le regrette.
Elle aurait tellement aimé l’avoir à ses côté, affrontant avec lui sa vie d’adulte.
Mais il est parti.
Il lui écrit tous les ans une carte pour son anniversaire. Elle la relit une dizaine de fois, ça lui donne l’impression qu’il est prêt de lui.
Elle tourne la tête et voit son mari qui s’assied à côté d’elle.
Elle lui sourit.
Il lui rend son sourire.
- Oh, Paul, comme j’aimerais que tu sois là, à côté de moi, sur ce banc glacé par le froid, murmure-t-elle d’une petite voix.
Il sourit avant de lui répondre.
- Mais enfin, je suis là, chaque geste que tu fais, je t’aide à le faire, chaque mot que tu prononces est exactement le même que celui que j’aurais choisi, dès que tu as mal, j’ai mal aussi, et chaque larme que tu verses vient humidifier mes joues pourtant déjà si froides.
- Tu n’as pas le droit de revenir comme ça, après le temps que j’ai mis à t’oublier, et à passer à autre chose ! lui reproche-t-elle.
Il se lève et embrasse délicatement son front.
- Tu ne n’es pas passée à autre chose, sinon je ne serais pas là.
Puis il disparaît lentement. Elle à beau l’appeler, le supplier de rester avec elle, son image s’efface.
Il était la seule chose qui la poussait à rester.
Maintenant il est parti.
Alors, c’est vraiment fini ?
L’homme qui est là haut ne veut vraiment plus d’elle dans son monde.
Seule, délaissée dans ce petit parc tout froid.
C’est comme ça que ça doit se finir ?
Non, il n’en est pas question, elle ne partira pas sans avoir vu une dernière fois son fils, pour lui dire au revoir.
Mais il est loin, elle n’en a plus la force.
Elle se lève de son banc, et, à l’aide de sa petite canne, elle marche vers chez elle.
Elle se fait une petite soupe, comme à son habitude, qu’elle mange seule avec son poste de radio.
Elle se glisse ensuite dans son lit. Dans une chemise en satin, la plus belle.
Elle pose une photo de son fils sur sa table de nuit à côté d’une lettre écrite de sa main, où elle lui dit qu’elle l’aime et qu’il n’a plus besoin d’elle pour mener sa vie.
Elle lui dit aussi d’embrasser à sa femme et à sa petite fille, qui sera sûrement la plus belle, la mieux élevée, mais sans grand-mère.
Elle pose doucement sa tête sur l’oreiller, un sourire aux lèvres, heureuse de pouvoir enfin rejoindre celui qu’elle aime et qu’elle a toujours aimé.
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