"Arthemise-de-lomvast", chapitre Ii, extrait

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— Mais pourquoi ces hommes chantent-ils? demande la jeune fille.
Elle est très étonnée car les paysans qui travaillaient dans les champs situés autour du château familial ne chantaient jamais.
— Ne vous méprenez pas jeune Demoiselle, ce que vous entendez là n’est que le chant de la nostalgie et du désespoir... répond le Capitaine.

— Nous sommes parvenus aux premiers bâtiments, Monsieur le Vicomte. Voici la sucrerie et l’entrepôt à bagasses, avec juste à côté le moulin à eau. Nous avons de la chance! Non loin de la propriété coule une rivière et l’eau arrive directement ici par cette canalisation.
Puis l’intendant se gausse d’un rire moqueur et ajoute :
— Ça vaut toujours mieux qu’un moulin à bras ou à bêtes! Avec tous ces animaux têtus et ces paresseux de nègres! Mais continuons, nous allons passer devant la purgerie et l’étuve.

Ainsi la charrette poursuit péniblement son avancée, mais en passant devant le hangar à bagasses dont les portes sont restées grand ouvertes, le Vicomte demande brusquement à l’intendant d’arrêter tout de suite son attelage. Bien que l’intérieur du bâtiment soit sombre, il a remarqué quelque chose qui semble l’inquiéter...
— Monsieur le Vicomte, il n’y a ici que des cannes écrasées qui serviront plus tard de combustible. Ne voulez-vous pas continuer vers votre habitation?
L’intendant a pris un air gêné et mystérieux; cependant, sans lui répondre, le Vicomte De Lomvast est déjà entré à l’intérieur de l’entrepôt et s’est aussitôt dirigé vers ce recoin où la lumière du jour pénètre difficilement, mais qui d’emblée avait attiré son regard. Et ce qu’il découvre soudain en ce lieu le stupéfie et le consterne.
Une femme noire, seulement vêtue d’un tissu coloré sommairement noué autour de sa taille, se tient là, debout, noyée dans la pénombre. Elle est suspendue à une poutre par l’intermédiaire d’une longue corde solidement nouée autour du poignet de son bras gauche, ainsi tendu en permanence vers le haut. Dans son dos, son bras droit est attaché à la cheville de la jambe du même côté, qui pour l’occasion a été repliée vers l’arrière au niveau du genou. Quant à son pied gauche qui pourrait au moins lui servir de dernier point d’appui, il est obligé de venir se poser sur un épieu planté dans le sol juste à cet endroit-là. Et la plante du pied, terriblement meurtrie, n’a pas d’autre choix que de se blesser inlassablement sur ce bout de bois taillé en pointe.
Le Vicomte n’en croit pas ses yeux...
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