Apocalypse

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Energumène touche à tout, surtout à ce qu'il ne faut pas! Se lance systématiquement dans des projets tordus avec un entrain digne de figurer dans le GuinessBook!  [+]

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore t’aimer. Je veux me rappeler du souvenir de tes lèvres sur les miennes. Comme notre premier baiser à cette station de métro froide où nous devions nous quitter. Maladroit certes mais avec la conviction que rien ne serait plus comme avant une fois ce pas franchi. Le feu dans ma tête, mes mains qui cherchent ton visage, mes yeux qui se ferment pour se perdre dans ce déluge de sensations. Ta langue qui caresse la mienne, fouille loin dans ma bouche. Ta salive se mêle à la mienne, je la goûte, la savoure.

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore te sentir. Ton odeur m’a enivré lors de notre première nuit, je m’y suis perdue. Elle agit sur moi comme un élixir qui fait battre mon cœur, chauffer mon ventre. Cette alchimie me dépasse et m’emporte toujours un peu plus loin. Il suffit de te sentir, te ressentir pour que s’éveille le désir.

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore plonger dans tes yeux d’ambre et d’or. Je veux me perdre et oublier la réalité. J’y suis allé pour ne plus revenir.

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore ton corps contre le mien. Ton corps dans le mien. Qu’il y trouve sa place. Tu me complètes comme personne. Je n’ai eu envie de personne autant que de toi. Je n’y comprenais rien moi aussi, je ne voulais surtout pas comprendre pour ne pas briser le charme, le lien. Cette première nuit où nous nous sommes possédés, le temps n’avait plus d’importance, l’espace non plus. Nous flottions dans nos caresses, nous nous envolions dans nos baisers. Je coulais telle une rivière sur tes cuisses qui n’arrivaient plus à se décoller de mon bassin.

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore être sur cette plage au clair de lune où j’ai décidé de m’unir à toi entièrement. Cette étreinte parmi tant d’autres étaient pourtant la plus importante.

Pendant qu’il est trop tard, je veux encore de nos disputes. Parce qu’elles faisaient mal mais prouvaient qu’on était en vie. Je ne voulais pas abdiquer, je ne voulais pas perdre. Tout semble si vain et puéril maintenant. Je voulais te retenir avant de me rendre compte que je t’aimais trop pour ça.

Puis je me suis rendue compte que je m’aimais enfin, loin de toi. Je pouvais être qui je voulais, j’essayais la liberté pour la première fois. La liberté de ne plus aimer, la liberté de ne plus avoir le poids d’être aimée. J’ai voulu mourir de t’avoir perdu. Pourtant c’est moi suit partie, pour t’éviter de le faire car je sentais que ma place n’était plus là. Je devais impérativement m’envoler, vivre enfin pour moi. Et j’ai reconstruis si bien sur ce champs de ruine. J’ai créé une nouvelle moi qui est forte, fière et courageuse.
Assez pour revenir en cette fin du monde. Revenir pour te dire merci et que tout ça n’est pas bien grave au final. Ce qui est grave c’est de rester et là personne ne restera, personne ne souffrira plus.

Pendant qu’il est trop tard, je veux te prendre dans mes bras pour te faire sentir encore une fois, la dernière que tout cet amour est inconditionnel et parfait tel qu’il est.


FIN
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