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Anecdote de la vie trépidante d'un retraité

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Thierry Boulier

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Ayant besoin d'effectuer un ravitaillement et soucieux de ne pas "encombrer" les allées fourmillantes d'un supermarché aux heures de pointe, je décide, par un beau matin, de me rendre au magasin dès l'ouverture, certain de ne pas y retrouver la foule des actifs qui ont autre chose à faire que "subir la présence de ces vieux cons de retraités qui n'ont rien à fou..., pardon, faire de leur journée" Le magasin est calme, achalandé de frais, les rayons rayonnent dans des allées quasi désertes, une ambiance de sérénité et de silence que je goûte avec un plaisir certain. Je remplis consciencieusement mon chariot, communément appelé "caddy" bien que mon activité n'ait rien à voir avec la pratique du golf. Vient le moment fatidique de passer en caisse. Alors qu'en période de forte activité, le nombre de caissières est généralement anémique, oh miracle, devant mes yeux ébahis s'offre à moi le paradis de l'acheteur moyen : cinq caisses, prêtes à avaler avec gloutonnerie l'ensemble des code-barres que j'ai accumulés ainsi que ma carte bancaire avec la plus avide des délectations. Je me dirige vers celle qui me paraît la plus proche et devant laquelle se trouve un petit bonhomme présentant au lecteur laser son petit-déjeuner ( il est 9h 30 ) : deux maxi canettes de bière. Il est affublé d'une couleur de peau indéfinissable tant la couche de crasse qui la recouvre semble constituée de toutes les poussières que la Terre a produites depuis Mathusalem. Sans plus chercher de réponse à cette question finalement sans intérêt, je m'attelle à déposer avec soin l'ensemble de mes achats sur le tapis composé en grande partie de sève d'hévéa vulcanisée. Au même moment, la caissière annonce, d'une voix étranglée : "panne informatique !" Les rares clients présents échangent aussitôt un regard incrédule tandis que la responsable accourt, affolée, pour confirmer d'une voix dont l'intonation ne laisse aucun doute sur l'immensité du désespoir qui l'envahit, qu'aucune caisse ne fonctionne. Elle tient un téléphone à la main, lien vital entre elle-même et la "HOT LINE" lointaine avec laquelle elle correspond. "HOT LINE" est l'expression juste car, comme son nom l'indique, cette dernière est chauffée à blanc par l'importance nationale du problème. La pauvre femme s'agite en tous sens, volant d'une caisse à l'autre, en quête d'un miracle que son manque visible de foi invite à perdre sans délai toute illusion de le voir se réaliser. Après une assez longue période , d'une voix victorieuse, elle annonce fièrement : "la panne est identifiée et devrait être résolue dans les trente minutes" Porté par un enthousiasme très modéré, je choisis de patienter jusqu'à ce que le dieu informatique se décide à nous absoudre de notre péché consumériste. Pendant ce temps, j'obtiens la datation approximative de la crasse que transporte le petit buveur de bière par le biais d'effluves aussi puissants que nauséabonds. Me reviennent en mémoire quelques scènes où Jean Reno, dans Le Grand Bleu applique quelques règles spécifiques pour améliorer sa capacité en apnée. Hélas, sans résultat ! Au bord de la nausée, j'aperçois déjà quelques dauphins m'invitant à les suivre quand, tout à coup, j'entends l'appel salvateur de notre caissière annonçant la reprise des activités. Le tout aura duré trois quarts d'heure ! Ma décision est prise, dorénavant "le vieux con de retraité qui n'a rien à faire de ses journées" ira au magasin quand il en aura envie, sans s'occuper de savoir si cela peut déranger les autres.

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MarieP · il y a
La corvée des courses narrée avec brio et drôlerie. Bravo.Si cela vous dit, venez découvrir mon univers.
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Jean Calbrix · il y a
Une scène des plus banales que votre superbe plume transfigure ! Finalement, c'est dans le quotidien que l'on trouve les meilleurs sujets quand on a le sens de l'observation et la qualité littéraire qui va avec ! Bravo, Thierry ! Vous avez mon vote.
Vous avez aimé ma "pie", peut-être en sera-t-il de même pour mon "carton" ? http://short-edition.com/oeuvre/nouvelle/la-societe-fait-un-carton

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MissFree · il y a
Très drôle! Faites les courses quand bon vous semblera, on ne vous en voudra pas c'est promis...:-)
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Thierry Boulier · il y a
Merci pour ce gentil commentaire ;-)
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Micheline Sabarly · il y a
je vote
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Thierry Boulier · il y a
Merci Micheline
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Christophe66 · il y a
Toujours les premiers ces petits vieux. J'ai aimé la chute
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Thierry Boulier · il y a
Merci ;-)
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Un bienfait est toujours perdu .
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Thierry Boulier · il y a
Merci ;-))
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Christiane Tuffery · il y a
On n'a pas idée non plus d'aller lanterner dans un supermarché de si bonne heure ! Même l'informatique a eu un coup de fatigue ! Je crois que quelle que soit l'heure, faire ses courses n'a rien de palpitant.
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Thierry Boulier · il y a
Bah oui ! Quelle idée m'a donc travers la tête ? Il est vrai que comme distraction on peut trouver mieux ;-)
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Claudine Lehot · il y a
une panne d'informatique et c'est la panique...
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Thierry Boulier · il y a
Oui, l'informatique, omniprésente dans nos vie, est à la fois le meilleur et le pire que l'homme a pu créér
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Patrick · il y a
c'est comme ça quand on veut trop bien faire. j'aime bien "les rayons rayonnent".
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Thierry Boulier · il y a
Merci. En effet, le mieux est l'ennemi du bien !
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