Anachronisme ludique

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Mi-vieux, enfin presque, jeter des mots sur une feuille blanche me plait, tout simplement. Sans prise de tête, juste par amusement. Et comme le dit le dicton dont l'origine reste assez mystérieuse  [+]

Image de Hiver 2015
Les parachutistes anglais sont en position, solidement ancrés à la terre de la colline qu’ils doivent défendre. Devant eux s’étend la plaine rouge d’où viendra l’assaut. A leur droite, les baïonnettes d’un régiment de la vieille garde impériale, alignées comme pour un jour de parade, s’instillent au soleil. Elles attendent, elles aussi, l’instant fatidique. Le colonel qui commande cette force, drapé dans sa solitude, s’inquiète. Des renseignements dont la source ne peut être mise en doute en sont la cause : l’ennemi déjà incroyablement supérieur en nombre sera appuyé par un char. Heureusement, l’état major avait accepté sa demande de renfort et avait mis sous ses ordres une généreuse escouade de trois géants. Afin de préserver l’effet de surprise, il leur a ordonné de se dissimuler derrière la colline et d’attendre son ordre pour passer à l’attaque.

Le sol se mit à frémir puis à trembler sous les sabots des milliers de cavaliers qui attaquent la position. La charge ne peut être qu’irrésistible tant ils sont nombreux. Au centre se trouvent les farouches indiens, à gauche le septième de cavalerie qui tentera d’enfoncer la vieille garde, et à droite un magnifique char Leclerc dont déjà les obus tombent parmi les parachutistes.

Le carnage commence. Indistinctement, chevaux et cavaliers tombent, fauchés par les balles des mitrailleuses et des mousquets. Le colonel ordonne alors aux géants de passer à l’action, de détruire le char, puis de prendre les indiens à revers. Un obus bien ajusté par le tireur du tank touche le premier en pleine tête. Mais déjà les deux autres sont sur lui, enfonçant son blindage à coups de masse. La vieille garde, entourée de toutes parts par les tuniques bleues tente avec ses survivants de se former en carré. Seuls les indiens ont été temporairement stoppés. Ils se servent de leurs chevaux comme boucliers et font pleuvoir une pluie mortelle de flèches sur les anglais.

Fidèle, la vieille garde ne s’est pas rendue. Le septième de cavalerie qui a perdu la moitié de ses effectifs s’apprête à prendre les parachutistes à revers.

Les deux géants s’enfoncent comme une épine dans le flanc des indiens, piétinant morts et blessés. Ils frappent les vivants, les envoyant s’écraser une dizaine de mètres plus loin. De valeureux guerriers se jettent dans leurs jambes, tentant désespérément de les faire tomber à grands moulinets de tomawak.

La fin est proche. Le colonel prie.

Un sourd craquement se fait alors entendre et un vent d’une force surnaturelle s’abat sur le champ de bataille. Il emporte tout sur son passage. Il fait tomber les survivants de la boucherie sans qu’ils puissent lui résister. Il déplace les morts, les traîne sur le sol tel des pantins désarticulés. Seuls les deux géants, aidés par leurs masses, réussissent à rester debout, comme figés au milieu du paysage dévasté.

— Maman ! Le courant d’air ! Mais pourquoi tu as ouvert la fenêtre ? râle l’enfant qui déjà range ses jouets.

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