Amour et nécessité

il y a
1 min
7
lectures
0

écrire pour se vivre encore et encore, pour jouer avec ses miroirs et ses mémoires. Ecrire pour se voir dans l'autre, pour voir l'autre en soi  [+]

30.03.90 – Niort – Saintes
Les progressions circulaires n’existent pas. A l’endroit exact où nous croyons que les choses s’articulent, il n’y a ni poussière ni brume ni frein de direction. C’est notre peur qui circule, par définition. Car le monde, lui, est en marche, inexorablement, entraînant notre petite vie vers les réalisations et les révélations que notre cerveau limité ne peut pas toujours appréhender.
Encore aujourd’hui, à l’AG, certains sceptiques ont été étonnés que puisse se réaliser une cohésion interindividuelle, sur la grève certes, mais aussi sur mon cas. Comment ? Elle a versé du fric, elle ? Et il soulignait le mot « elle » comme s’il s’était agi d’un tour de magie. Oui, elle a versé du fric pour la montée sur Paris parce que tout simplement un individu est toujours sujet-objet du monde. Et qu’il ne peut en être autrement. Toujours les deux à la fois. S’en défendrait-il et n’arriverait-il pas à reconnaître son propre progrès que la loi de la polyaxialité n’en souffrirait pas.
Je dis polyaxialité parce que l’histoire et la vie d’un être humain ne tournent pas sur le seul axe des choses rondement caricaturées. Pas de cercle, vous dis-je.
Christine, dans tout ça ? Dans quelle bulle est-elle, vers quel ballon savonneux dois-je glisser mon meilleur sourire ? Elle viendra à moi non pas de par mes prodiges de conviction – de séduction, c’est pareil – mais de par le croisement assuré de nos projets inconscients respectifs, de nos nécessités d’existence.
Et il n’y a rien de métaphysique dans ce que je dis. Nous devons, elle et moi, sentir les choses pour les apprécier d’abord et les construire ensuite. Hors de cette capacité d’intuition, il n’y a pas possibilité de construire une amour réelle. Blablater en se mettant d’accord intellectuellement sur notre attirance réciproque n’ouvrira aucune passion. Du moins sera-t-elle condamnée parce que l’un des deux – ou les deux – ne sera pas prêt.
Pivotons, pivotons, ma douce, et foutons-nous des lois de la géométrie plane.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Ex tenebris lux

Valérie Labrune

Il y eut une nuit où la lune se figea. Elle resta là. Inerte. Le jour ne lui succéda plus. Combien de temps est-ce que cela dura ? Longtemps. Très longtemps. Puis elle disparut, plongeant les... [+]