Amie chère

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Etudiante en lettres modernes, mon rêve serait de voir un jour mes idées couchées sur du papie  [+]

Dans ma chambre faiblement éclairée par un rayon de lune, allongée sur le parquet gris bleuté, le dernier échange ne s'est pas déroulé comme je me l'étais représenté.

Elle passe la tête par l'embrasure de ma porte, hésitante. Cette amie chère accourt toujours lorsque je me sens seule et désemparée. Je hoche la tête, essaye de la retenir, mais elle entre soudain sans crier gare malgré mes protestations. Amie chère ? Que dis-je ! Presque une amante. Tout le monde la connaît elle et ses sœurs, mais nous entretenons une relation très particulière tellement nous sommes proches. Notre rencontre était inévitable, mais nous n'avions jamais eu pour vocation de nous visiter aussi souvent.

Elle se positionne en face de moi, plonge ses pupilles transparentes dans les miennes. Elle me caresse délicatement la joue, creusant des sillons sur ma peau. Elle me lèche le cou de désir, franchis même parfois la ligne interdite et s'aventure sur ma poitrine. Mais elle ne descend jamais plus bas. Je me doutais que le schéma allait se répéter. Je me mords la lèvre sous toute cette affection. Seuls mes gémissements percent le silence de la pièce. Ce moment est à la fois délicieux et douloureux.

Cette amie chère ne me laissera jamais définitivement et recommencera son manège.

Malgré sa fragilité, elle marque sa trace. Ses stigmates seront la preuve de son passage. Ma chair humide et mes iris rouges sont son œuvre. Elle me façonne, marque son territoire. Elle fait tout pour que je lui appartienne, je ressens son souhait au plus profond de moi. Mais je suis déjà à elle.

Elle finit par se lever et après un ultime mouvement, quitte définitivement notre intimité. Comme à chaque fois, je prie pour que ce soit la dernière et qu'elle ne revienne plus jamais dans mon cocon. Notre relation est presque toxique, elle me domine dans mes instants d'immense faiblesse et je suis à sa merci. Ce ne sont que des au revoir. J'aimerais lui souffler un adieu définitif, mais elle me murmure qu'elle me guette dans l'ombre.

Et je regrette ce soir de m'être laissée aller. Je regrette de lui avoir permis d'à nouveau me violer. Je la hais, mais j'ai aussi besoin d'elle. Elle laisse mes émotions s'exprimer librement et me berce jusqu'à rejoindre les bras de Morphée. Elle est soulagement et poison. Quelle amie chère !

Je chasse cette infime larme de ma joue. Si j'ai à nouveau pleuré ce soir, c'est de ta faute. Ces perles qui coulaient les unes après les autres étaient ton œuvre. Ou alors je me fais des films, peut-être ? Regarde où ces courts-métrages me mènent ! Je sais que je pleurerai encore à l'avenir, mais je ne veux plus que tu en sois la cause ! Les sanglots nous rendent moins beaux. Les larmes sont indésirables.
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