Allégresse

il y a
1 min
2 110
lectures
1289
Finaliste
Public

Un souhait, une tentative, un désir: partager les émotions... Contemplatif dans l'agir, je vogue, toujours en quête d'expériences, de rencontres... Marche et méditation, lecture, écriture  [+]

Image de Été 2018
La main engourdie s’anime, écrit à nouveau, donne corps et mouvement aux multiples pensées, émotions, sensations du petit matin.
La nuit limpide, fresque de lune et d’étoiles vibrantes, a cristallisé les amas de blancheur suspendus aux branches de pyracanthas et d’oliviers chargés de fruits noirs que les mésanges et les rouges-gorges assaillent.
Je lève les yeux de la page et regarde au-dehors. Le soleil magnifique entraîne les feuillages, la neige, le muret de pierres dans une farandole de lumière, un grand éclat. Éclat de rire sous le ciel bleu, très bleu, amoureusement bleu.
Bleu nous aime !
Je pars marcher le long de l’Arc, dont les berges sont parsemées de neige. Le courant est nonchalant, ralenti par le froid persistant. Un canard solitaire se laisse flotter, immobile.
Les grands arbres nus, noirs et luisants, paisibles génies tutélaires, préservent du mal les rares promeneurs qui de par leur présence concrétisent ces instants calmes et palpitants de vie. Instants qui laissent entrevoir un paradis.
Je m’incline devant vous, devant toi, lecteur.
Namas té.
Mon âme salue ton âme.
Je rends grâce pour ces instants auxquels j’assiste, témoin ému et silencieux.
Attitude sereine, remerciement simple et profond. Respiration, à chaque instant, chaque grain de vie, grain de riz, grain de rire.
Des larmes aussi, parfois. Larmes secrètes, retenues, ou bien larmes qui s’écoulent le long de mystérieux sillons.
Larmes de l’âme, lame affûtée de nos souffrances qui s’entrecroisent jusqu’à l’épuisement. Il en est tant que j’aurais pu empêcher, tant que j’ai recueillies pieusement.
Déposons ces larmes, ces douleurs et regrets sur le bord du chemin qui s’émeut de nos pas.
Je m’assois sur une pierre et prends le temps d’écrire, de choisir les mots, leur place, leur son, comme le premier de cordée plante ses pitons et ses coinceurs, avec soin et précision. Prendre d’assaut la page impitoyablement immaculée, donner sens, justifier la souillure du silence et de la vacuité.
Une fois de plus, je laisse aller la plume, sans retenue ni vergogne, comme un sauvage qui hurle dans la savane, au milieu des hautes herbes. Je cours à travers le texte qui me devance, me poursuit, me traverse. Je danse, pris de ces transes épuisantes et apaisantes, paradoxales donc. Ivresse hallucinée de l’écriture libérée des contraintes de cohérence, justifications, paradigmes et autres illusions.

1289

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Poursuivre

Maïlys

Encore un matin où je ne tiens pas debout, je me lève alors que j'ai juste envie de m'allonger un peu. Le ciel coule dehors et il pleut sur mon lavabo. Je répète machinalement les mêmes gestes... [+]