Allégeance

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Petite scribouillarde les jours de pluie, j'aime écrire presque tous les genres tant qu'il y a une histoire d'amour dedans, ouais, je suis une sale fleur bleue  [+]

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Il faisait sombre...

C'était la nuit... Une drôle de sensation parcourait sa peau, un peu comme une vitre qui se condensait sous l'effet de la vapeur chaude. Ce n'était pas désagréable.

Morrigan ouvrit lentement les yeux. La lune semblait déjà très haute dans le ciel luisant d'étoiles. Avec précaution, la jeune femme s'assied sur ce qui semblait être de la mousse. Elle se trouvait dans une clairière magnifique bordée de fleurs, entourée d'une forêt touffue. Un léger brouillard donnait aux lieux une atmosphère éthérée, magique...

Elle se leva lentement. N'importe quel artiste resterait bouche bée devant le spectacle que l'endroit lui offrait au milieu de la nuit. Un pinceau n'arriverait pas à rendre justice à ce lieu enchanteur.

Le fond de l'air perdit en chaleur, la faisant frissonner, et elle s'aperçut qu'elle ne portait plus la belle robe du soir que ses parents lui avaient offert pour fêter ses dix-sept printemps. Mais sa déception laissa vite la place à de l'émerveillement en touchant le tissu chatoyant de sa nouvelle tenue : une autre robe en soie blanche, aussi légère qu'une plume. Elle était de style empire et lui couvrait le corps jusqu'aux orteils qu'elle sentait nus sur l'herbe. Ses manches étaient courtes et son décolleté carré mettait sa poitrine en valeur sans trop en montrer. Une merveille.

La jeune femme tourna la tête en tout sens pour essayer de trouver ce pour quoi elle était venue. Cette clairière était un point de rendez-vous régulier qu'elle fréquentait maintenant depuis quelques mois. Elle s'arma de patience.

Une brise légère souffla dans ses boucles châtaines et libres, fit voleter sa robe. Un mouvement eut lieu derrière elle mais elle ne s'en effraya pas outre mesure. C'était le signal qu'elle attendait depuis son réveil.

Morrigan ?

Tu as été bien long ! Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ?

Elle était fâchée à présent. Les poings sur les hanches dans une attitude agacée, elle offrit à son interlocuteur un regard foudroyant. Finn entra dans la clairière, les mains en l'air bien en évidence. L'air glacial de Morrigan pouvait vite annoncer une tempête inopinée qu'il aurait du mal à maîtriser.

Tu connais le vieux ! Il n'a arrêté de m'assommer d'ordres qu'une fois qu'il est allé dormir !

Finn était grand, beau garçon blond au sourire ravageur, apprenti du plus vieux et du plus puissant magicien du continent. C'était par son propre fait qu'ils arrivaient à se retrouver ici, dans cette clairière mystérieuse baignée de brume. Grâce aux fonctions pratiques d'un bijou magique de sa fabrication qu'il avait donné à la jeune femme, le sort qu'il contenait était une téléportation onirique qui atterrissait immanquablement ici.

Le jeune mage courut vers l'élue de son cœur, le sourire aux lèvres. Cette dernière l'accueillit avec un regard plus doux et se serra contre lui. Ils échangèrent un doux baiser.

Alors ? L'as-tu trouvée ?
Oui... mais je n'ai pas pu la récupérer.

Morrigan se recula brusquement.

Quoi ?! Qu'est-ce que ça veut dire ?

Finn fit la grimace et leva une main derrière la tête, incertain.

Le vieux la garde dans un endroit scellé, il m'a fait jurer de ne le dire à personne. Elle est entourée de pièges et de sortilèges, impossibles à défaire si on ne connaît pas les mécanismes.
Mais tu les connais... n'est-ce pas ?

Le regard empli d'espoir et d'admiration de Morrigan, comme s'il était le seul qui pouvait lui offrir le bonheur, c'était ce que Finn recherchait depuis toujours. Cette jeune fille était si belle, elle était l'image même de la fraîcheur et de l'innocence.

Elle recherchait la bague d'ambre immortelle, une relique ayant appartenu à un dieu déchu, qui offrait une grande puissance magique à son porteur. Mais à ses dires, ce n'était pas pour elle mais pour le plus grand mage de son royaume, ce dernier courait un grand péril. Morrigan tenait beaucoup à son peuple et ne voulait pas voir la guerre et la mort se répandre sur les terres de son père.

Oui, je les connais.

Un grand sourire naquit sur les lèvres de son aimée. Finn ne regrettait pas une seconde de trahir sa promesse faite à son mentor, même si ce dernier l'avait pris sous son aile depuis sa plus tendre enfance, voyant en lui un petit garçon avec un fort potentiel.

Si c'est ton maître qui l'a, pourquoi ne pas la lui prendre ? Tu sais que mon pays court à sa ruine si je n'ai pas cette bague. J'en ai vraiment besoin !

Morrigan prit un air suppliant qui lui était difficilement supportable. Finn prit alors sa décision.

Attends-moi.

Il disparut de la clairière en un claquement de doigt pour rentrer dans la tour du vieux mage. Après être descendu dans les catacombes, Finn parvint enfin devant l'autel où se trouvait la bague, enfermée dans un coffre sur un piédestal. Cela lui prit quelques heures pour tout désamorcer, mais il arriva à mettre la main sur la bourse en velours qui contenait la relique. En quelques instants, il disparut et rejoignit Morrigan, laquelle trépignait d'une impatience qu'il ne lui avait jamais vue.

Il lui tendit sans un mot la bourse, laquelle était magique car elle l'avait suivi sans problème vers la clairière embrumée par la téléportation. La jeune femme prit la pochette en velours et y plongea la main avant même qu'il n'ait eu le temps de la mettre en garde. Les reliques de ce genre ne pouvaient être touchées que par des personnes dotées de pouvoirs magiques.

Alors quand il la vit sourire en se mettant l'anneau au doigt, Finn sentit un malaise naître en lui, sans qu'il soit capable d'en deviner la source. Morrigan lui caressa la joue toujours sans un mot, alors que la brume commençait à remonter autour d'elle dans une sorte de tourbillon. Le mage se recula alors que la brume éthérée recouvrait totalement sa bien-aimée, qui disparut dans un éclair rapide.

La dernière chose que Finn eut le temps de voir, c'était son regard, dont les iris étaient devenus rouges comme le sang...
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