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Allée Six, Numéro Onze

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Regard.haineux

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Je me lève, il est sept heures. Je sens mes yeux s'embuer. Mes pieds se déposent sur le carrelage froid, comme mon pauvre cœur. Mes mains tremblent, non de froid, mais bien de tristesse.
Je ne tiens plus, il me faut la contempler. Mes doigts saisissent délicatement le joli cadre fait de bois. Une photographie est encadrée à l'intérieur. Une jeune femme y est représentée, un sourire éblouissant de joie, le regard pétillant et les cheveux volants au vent.

Soudain, je sens ma vision se brouiller. une goutte éclate sur le verre. Je n'ai pas pu retenir ma larme. La peine serre mon ventre et j'ai du mal à respirer. Je me met debout et repose l'objet de ma destruction.
Cela fait quatre ans. Quatre longues années, aujourd'hui. Et je m'extirpe de mon lit à l'aube : un dimanche semblable à tous les autres.

Le goût amer du café brûle doucement ma gorge. Et comme chaque dernier jour de mes semaines, habillé de mon éternel jean, je me demande quand cesserais-je d'acheter cette boisson si répugnante.
Cette boisson que tu chérissais tant. Celle que tu me faisais goûter tout les matins, avant de partir avec ton foulard coloré. Laissant les effluves de ton parfum sur mes vêtements.

Ma mémoire me dépasse... Je claque la porte de mon appartement et me retrouve sur le trottoir étroit de l'impasse. mes pas se dirigent droit sur la station de métro habituelle. Ce n'est plus qu'un réflexe, je ne réfléchis pas. Je descend lentement, tel un mort-vivant. L'odeur nauséabonde de pisse emplit mes narines.
Je m'assois sur un des bancs en patientant. La sonnerie du métro retentie, le voilà arrivé, lui et son jaune poussin qui me rappelle les jours où nous allions nous promener, loin de la ville et des bruits de véhicules. Les portes s'ouvrent et un brouhaha immense s'élève. Un siège m'attend. La voix robotique annonçant mon arrêt dicte chaque mot, sans aucune émotion ni sentiment. quelle tristesse.

Je sors et retrouve l'air frais.
La grille nous fait face, moi et mon stupide bouquet de rose rouge. Je l'ouvre dans un grincement aigu qui agresse mes tympans.

Allée Six, Numéro Onze.

Les mots résonnent dans ma tête.

Allée Six, Numéro Onze.

J'y suis, je me trouve devant toi.
Je te scrute et les souvenirs me montent à la tête. Ton visage, ton odeur, ton corps, ta voix. Ce n'est plus supportable. Je suis trop faible pour toute cette miséricorde qui m'entoure. Je ne supporte plus. mes mains se déposent sur la pierre froide et mes genoux se plient.
Je me recroqueville dans le froid du matin.

La tombe est gelée.

J'observe la pierre tombale "Océane Durand, repose en paix, 1989-2016".
c'est si injuste, 27 ans c'est si peu pour le rayon de soleil des mes jours pluvieux. Tu étais la raison de mon sourire, celle qui éclairait mes nuits tel un cierge immortel, celle qui aimait la vie et par dessus tout me la faire apprécier.
Tu méritais tellement plus d'années, de jours, de minutes à mes côtés.
Et dire que tu aurais dû être mariée un mois après ta mort soudaine.

Personne n'a répondu à mon "oui" si magique et je n'ai pas embrassé d'un baiser passionné ma jeune épouse.
La maladie t'a emportée et j'ai passé mon alliance à une main sans vie.

Je t'aimerai toujours, mon amour, malgré le sommeil éternel qui conservera tes yeux clos à jamais.
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William Keller · il y a
Ta beaucoup touché par le chemin du coup où je suis parti à Boston que mardi anyway de me lever et je ne sais plus si il est graphiste c'est pourquoi je te fais signe quand tu as fini no pressure on est Tjrs Pas Partis de me lever et je ne sais plus si il est graphiste c'est pourquoi cette personne ne m'appelle William et ma meilleure que tu peux vérifier quand je suis parti de me réveiller et mon oncle enfin si ça marche
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