Ainsi va la vie...

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Femme. Avec plus d'un demi-siècle sur les épaules. Avec l'envie d'en ajouter un autre. Tellement il y a de choses à regarder. De gens à apprécier. De textes à lire. J'en écris. Des longs et des  [+]

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Ainsi va la vie...
Avec, parfois, ces jours un peu étranges. Ces jours de compulsion. De vérification obsessionnelle.
On n'a pas trop bien dormi. Et dès le matin, on le sent. Qu'on va avoir du mal. Qu'il y a trop de choses sous la surface. Un grouillement d'inquiétudes diffuses. Insaisissables.
Alors commence une contre-attaque bizarre. Une sorte de rituel conjuratoire. On replace dix fois la brosse à cheveux au même endroit dans la corbeille. On fait des allers-retours incessants dans la chambre pour allumer et éteindre. Pour être sûr.e que c'est éteint. Au cas où...
On sait qu'on dérape. Qu'on perd pied. Qu'on perd du temps surtout.
On va partir, sac sur l'épaule. La clef déjà dans la serrure. Pourquoi fait-on marche arrière ? Quelle est cette voix intérieure qui nous intime d'aller vérifier pour la centième fois que les plaques électriques ne chauffent pas ? On met la main dessus. Peine perdue. On n'y croit pas vraiment. On nage dans l'irrationnel. Dans la presque folie.
On finit par descendre. Par se calmer petit à petit. Se moquant de soi. La démarche presque légère.
Et puis, tout à coup, c'est irrépressible. On fait volte-face. On remonte quatre à quatre les trois étages. On se jette sur la poignée. Qu'on abaisse en même temps qu'on pousse la porte. Elle est fermée. On le sait, on a déjà vérifié en partant. On fait ça plusieurs fois. Pour peu, on enfoncerait la porte.
En redescendant, on se demande si le voisin d'en face était là. Derrière sa porte. À observer notre cinéma. On se demande aussi quel est le sien.
Dans dix minutes, on aura oublié. Ce pauvre démarrage. Ces gestes un peu ridicules. Ces contraintes impérieuses. On aura repris confiance.
Jusqu'à d'autres matins. Où, quels que soient notre âge et notre condition, on se retrouvera tout-petits. Un peu seuls. Regrettant la présence aimée, désormais lointaine, qui vérifiait pour nous le contenu de notre cartable et traçait dès notre réveil un chemin de certitudes et d'illusions heureuses.
On a grandi. Depuis longtemps, on doit vérifier tout.e seul.e.
Un cartable trop rempli.
Sans certitudes. Ni plus trop d'illusions.
Ainsi va la vie...

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