Aimez-vous. Je vous rejoindrai plus tard...

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Je m'appelle Tony. J'ai choisi le pseudo de Mahogany parce que j'aime bien les diphtongues. Je les trouve agréables à l'oreille. J'habite Nantes et suis originaire de la Guadeloupe, de l'archipel  [+]

Qu’il est compliqué d’avoir une écriture intelligente quand on parle de Saint-Valentin.
A la fois sèche de toute mièvrerie rose bonbon, et détachée du « réactionnariat » frustré propre aux célibataires reclus de ce jour.
Je dirais que la Saint Valentin n’est plus l’exclusivité des amoureux. Elle est en train de devenir une commémoration où ceux que la passion a perdus pleurent sur la sépulture des amours de jadis.
Plus qu’un autre jour, la solitude étrangle les exclus de cette fête, habillés de dépit là où le « dress-code » implique de se vêtir des bras de l’autre.
Je ne me plaindrais pas qu’un jour ait été désigné pour célébrer l’amour (il y en a tant qui célèbrent la mort), ni acquiescerais aux lieux communs de ceux qui se défendent de le célébrer, prétextant une fête commerciale, ou encore qu’un seul jour serait insuffisant pour glorifier l’amour.
Il me faut un recul certain, moi l’ermite amant, pour avouer ceci. Comme beaucoup de ceux qui la fustigent, j’aurais aimé être acteur de la Saint Valentin.
J’aurais aimé être une cible des publicités commercialisant des produits dérivés de l’amour ; j’aurais aimé acheter un bouquet de roses qui auraient fané le lendemain ; j’aurais aimé m’isoler avec l’amie de mes émotions, en tête à tête dans un restaurant séparé par une bougie senteur fruit rouge achetée à IKEA et entouré de moult couples qui auraient eu la même idée ; j’aurais aimé faire parti de la communauté des « Saint Valentineurs »...
Seulement, j’ai épousé ma solitude depuis des temps qui ont semé ma mémoire.
La Saint Valentin est l’évènement le plus manichéen qu’il soit. Soit on est amoureux et on le fête, soit on est célibataire et on le subit. J’ai rejoint le groupe de ceux qui feignent s’en fiche. Mais au fond, quand je croise un couple aux mains qui s’étreignent, je suis plus envieux qu’amer, heureux quelque part que, même s’il ne me concerne pas encore, ce sentiment subsiste.
Cette fête, avec tout le ridicule qu’elle implique dans sa manifestation, l’écœurement que peut provoquer son regorgement de sentiments exacerbés, divise les avis entre ceux qui aiment et ceux qui aimeraient, demeure dans le fond une des dernières manifestations communes d’amour.
Aimez-vous, je vous rejoindrai plus tard.

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