Ah ces bons vieux égoûts de Paris...

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J'ai toujours aimé lire. Je suis addict depuis l'âge de 7-8 ans... Puis, avec les années, j'ai découvert qu'écrire procurait aussi bien du bonheur. Oh je me sens bien modeste, n'ayant pas de don  [+]

Ah, ces bons vieux égoûts de Paris...

Samedi après-midi – embouteillage sur le périphérique parisien - on roule au pas parmi le flot interminable des voitures.
Aujourd’hui, serrés à cinq dans l’auto familiale, nous allons rendre une petite visite à des amis parisiens.
Tantine, la plus âgée d’entre nous, est devant, sur le siège passager. On la sent figée. Elle, si bavarde, ne pipe mot. Fâchée ? ou endormie peut-être ? Elle se retourne un tantinet... blême...
- J’me sens pas bien !
Ah bah nous v’la bien... Vite : revue du sac à main... Ouiiiii, un sac plastique !
- Tenez, prenez !
Et une puissante régurgitatioooooooon s’ensuit, suivie de répliques secondaires et enfin dans un souffle, on entend :
- Mrci... Ah cha va mieux !
Assise à l’arrière, juste derrière elle, je l’observe dans le rétroviseur extérieur et lui trouve une petite mine, un bas de visage tout fin, une tête en « triangle »... La pauvre, me dis-je...
Les minutes passent, Tantine commence à tripoter le petit sac plastique qu’elle tient bien précieusement sur ses genoux, pensant certainement au lieu et au moment où elle va bien pouvoir s’en débarrasser.
Esclandre du conducteur :
- Tu peux pas arrêter un peu avec ton sac plastique ? C’est énervant à la fin ! Et en plus, il est tout fin, tu vas nous le crever !

Tantine ne pipe mot, le sac non plus...
Ah, enfin une bretelle de sortie ! Nous la prenons pour débusquer sur un carrefour puis une petite rue où apparaît, ô miracle, un superbe caniveau. Le conducteur ouvre rageusement la vitre côté Tantine, et psscht, balance le sac nylon qui, dans un superbe vol plané, disparait dans l’ami Caniveau.
Temps mort dans la voiture... jusqu’à ce que Tantine plaque sa main sur sa bouche et ose un « Ché pu mes dents ».
Changement d’atmosphère à bord : franche rigolade à l’arrière tout en mesurant le coût du vol plané, et colère et désespoir à l’avant.
En homme d’action qu’est le conducteur, tout d’abord, vérifier : le sac serait-il resté coincé ?
Hélas non, on voit bien qu’il s’est bel et bien envolé vers de nouveaux horizons, pas forcément limpides...
En homme déterminé qu’est également le conducteur : aller récupérer « la chose » dans le caniveau... coûte que coûte. Il n’y a pas de problème sans solution. N’est vaincu que celui qui abdique !
Peut-être pas très hygiénique, pas du tout même, mais si on retrouve les dents de Tantine, on leur fera un tel décapage qu’elle n’aura jamais eu le sourire aussi éclatant !

Nous voilà à appeler les services municipaux de la ville qui, ô miracle en ce samedi après-midi, répondent et diligentent un technicien de la voirie sur place, qui... confirmera que : pour fichu, c’est bien fichu...

Tantine, sans mots désormais pour traduire son désarroi, se voit déjà condamnée à la purée/viande hachée pour de longues semaines ainsi qu’une élocution qui demandera des efforts à tous.

Si vous passez côté Villette, prenez garde aux caniveaux, vous pourriez être surpris de la réaction du grand collecteur, équipé désormais, pour sa plus grande joie, d’un superbe et redoutable dentier !
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