Adieu mon vieux doudou...

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Hier, mû par un de ces brusques élans, que nous connaissons tous, de faire un peu de rangement et de place dans le bazar que l’on peut accumuler jour après jour (le trop célèbre : « ça peut toujours servir »...), j’ai retrouvé mon ours en peluche jaune, mon nounours, mon si cher et vieux doudou. J’avais oublié que je l’avais conservé durant toutes ces années. Il était là lors de mes premiers mots, de mes premiers pas, trônait sur mon armoire pendant mes (longues...) années de collégien, puis de lycéen. Plus tard, il dormait au fond du petit placard de ma chambre d’étudiant alors que je m’escrimais à trouver une place sur les bancs de la fac. Et partout où la vie m’a mené, il m’a accompagné. Presque à mon insu.

Quand je l’ai sorti du carton, une multitude de souvenirs ont brusquement afflué, une sorte de kaléidoscope d’endroits, d’époques, de visages, de parfums, de moments de joies, de tristesse aussi. Et puis de tous ces fantômes qui nous habitent, ces êtres si chers et qui nous manquent tant.

Mon pauvre doudou était dans un état pitoyable : peluche rêche, lustrée, presque polie par endroits, une oreille en moins, plus d’yeux, et une sorte de mousse sale et compacte qui lui sortait par une sinistre balafre au bas du dos. Son sort était donc inévitable et il a fini dans un sac poubelle avec d’autres vieux objets inutiles. J’ai ressenti un très fort pincement au cœur quand j’ai refermé le sac. Il avait si bien rempli sa fonction, accueilli mes doutes, mes pleurs, mes états d’âme, mes questionnements, apaisé mes angoisses d’enfant et d’adolescent. En ce sens, il avait été un digne et fidèle compagnon de route. Et je venais de l’abandonner. J’ai néanmoins conçu que ma réaction était idiote. Un objet reste un objet et la sensiblerie ne peut pas lutter face à un manque crucial de place.

Et puis, un peu plus tard, en y réfléchissant, je me suis dit qu’au fond, il me ressemblait. Il avait vieilli, s’était usé et décrépi au fil du temps, avait perdu son charme d’antan (j’ai un gros doute me concernant...) et son attrait. Qu’il finisse dans une décharge me navrait donc vraiment.

Mais la douleur la plus profonde que j’ai ressentie, c’était de comprendre que dire adieu à mon doudou, c’était aussi me préparer à ma dernière ligne droite. Une page venait de se tourner et j’attaquais le dernier chapitre. Mon doudou était devenu un fantôme.

Et moi, j’en serai bientôt un...

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