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Adieu

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Arcane

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Lui :

Seul sur une plage... soleil déteint... Perdu dans un coin que je ne reconnais pas, bercé par les flots qui viennent jusqu'à moi, la tête en arrière, les yeux ouverts, semblant se perdre dans de vastes miroirs, cherchant l'espoir dans les dernières lueurs,

Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé. Je revois un bar où je voulais me saouler, des rires, des ombres près de moi que je ne saurais retrouver et quelque part, une profonde tristesse, une infinie détresse que je voulais noyer dans la candeur de l'alcool. Et puis, plus rien... Je voulais fuir tout ce qui lui ressemblait, alors j'ai couru, couru... jusqu'à ce que la mer m'arrête, puis, je suis tombé, vaincu... J'ai dû marcher pendant des heures... mes pieds sont écorchés... mon cœur aussi...

La veille au soir, je l'ai vue, il fallait absolument que je lui dise ce que je ressentais pour elle, je ne pouvais plus supporter d'être à ses côtés et de passer inaperçu... A moins que... ce ne soit l'année dernière... Je lui ai dit... je lui ai dit... que je l'aime à la folie, que sans elle ma vie n'a plus aucun sens, elle a sourit... Elle était trop familière de telles avances... je l'ai regardée dans les yeux en espérant trouver une réponse, mais elle s'est détournée...

Je ne sens plus mon corps, je n'entends plus mon cœur battre, autour de moi tout s'est tu comme pour mieux entendre ma confidence... Le soleil s'est couché, moi, je suis toujours dans les nuages... Des feuilles sont éparpillées ici et là, portées par la brise, je ne sais pas ce qu'elles disent ni pour qui elles vivent...

Nous avons continué à nous voir, puis, un jour, elle m'a avoué qu'elle partageait les mêmes sentiments à mon égard... Mais qu'elle avait peur... qu'elle n'était pas prête à assumer son cœur. Alors, j'ai continué à lui écrire mon amour, jour après jour...

Je suis revenu chez moi hier soir, tard, très tard, j'ai relu les lettres que je lui ai destinées et qu'elle m'a rendues, puis, je crois que j'ai dormi...

La mer ne bouge plus... elle s'est endormie elle aussi... dans ma main j'ai trouvé un flacon... vide comme l'espoir... Seul dans le noir, j’ai enfin reconstitué les évènements de ces derniers jours.

Elle m'a dit... elle m’a dit... qu'elle aimait un autre, qu'elle ne voulait plus me voir... plus jamais... j'ai essayé de l'oublier mais je n'y arrivai pas, je n'y arriverai pas, alors...

Vous ne comprenez pas, je le sens bien... mais qu'importe, demain... le jour se lèvera sans moi...

Elle :

II a plu toute la nuit. Comme si le ciel avait pleuré ses dernières larmes et que la mer en fut remplie mais le ciel est toujours gris. L'horizon se décline à l'infini au bout d'une mer trop calme, portée par la mélancolie. Je voulais noyer mes larmes dans ce décor bleu gris.

Une foule s'est amassée sur la plage et le bruit de la houle se confond aux éclats de voix au dessus des visages. Je ne sais pas ce qu'ils disent...

Une main inanimée repose sur le sable, je crois reconnaître le bras de sa chemise.

Je ne suis plus qu'à quelques mètres quand j'entends murmurer une vague certitude, à peine surprise...

Hier, il était au bar, parlant pour lui-même, terminant chaque histoire dans un soupir de désespoir. II semblait contempler son verre, n'osait boire, s'attardait, faisait tourner la glace et finalement ne but jamais. Dans ses yeux se perdaient les reflets de l'alcool, une détresse profonde, une tristesse infinie... II n'était déjà plus de ce monde.

Hier...... Je lui ai menti... Je voulais qu’il m’oublie : moi je n’y arrivais pas... Je lui ai dit... je lui ai dit... n'importe quoi ! Que mon cœur était pris ! II n'a pas protesté... Je n'ai pas levé les yeux quand il est parti, qu'il ne sache que je pleure. J'ai pleuré toute la nuit.

On recueille les feuilles autour de lui, on lit, il parle d'une fille, il écrit pour elle, elle est sa vie, on sent qu'il l'aime, elle... non ?

Toutes ces lettres, je les ai lues, il y a longtemps... C'était hier... Mon cœur se serre... Ô Mon amour...

Pour tout discours, les amoureux se tiennent par la main avec l'illusion de n'être qu'un.

D'autres retiennent leurs larmes.

Moi, je tiens le flacon...

Vous ne comprenez pas, je le sens bien... mais qu'importe, demain... le jour se lèvera sans moi...
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