Abysses

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Je rêve, rêve et rêve. La bulle grossit, grossit et grossit jusqu'à ce qu'elle éclate. Ses gouttelettes d'eau purgent le monde purgent le monde de sa noirceur. Son spectre de couleurs s'étend et  [+]

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Image de 15-19 ans
La beauté des océans contrastait fortement avec la noirceur des profondeur. L'eau est une passerelle vers la mort, dit-on. Elle fut en tous cas longtemps représentée ainsi dans la mythologie antique ; Souvenez-vous, le fleuve du Styx, l'histoire de Narcisse.. Cette mort, je l'entrevit à travers cette élément.

Équipée de bouteilles d'oxygènes, de palmes et d'un masque, je souriais aux autres membres de l'excursion. Perdues quelque part dans l'océan blanc, nous attendions le signal du coach. Il nous avisait d'un œil expert, cherchant le moindre défaut sur nos revêtements. Satisfait, il lança finalement le signal. Je fis le grand saut, les combines moulant nos corps peinaient à nous protéger du froid glaciale de l'eau aussi épaisses pouvaient-elles l'être. les poids attachées à ma ceinture me faisait longtemps descendre, nous éloignant de la surface et par la même occasion du bateau.

J'assistais à un spectacle incroyable ; Plusieurs poissons défilaient fièrement, exhibant leur magnifique couleurs allant du noir ébène au blanc immaculé, passant par l'orangé, le rouge écarlate, et le bleu pur. Ils remuaient doucement la queue et pourtant ils allaient si vite. Prudents, ils regardaient à droite et à gauche à l'affût du moindre geste.

Je ne bougeai plus comme en apesanteur dans l'espace. Le moindre mouvement suffirait à les faire fuir. Ils finirent par s'éloigner. L'excitation rythmait les battements de mon cœur, et ce n'était encore que le début. Je descendis plus bas et j'aperçus les algues vertes dansantes, elles jaillissaient d'entre les roches noirs tapissant le fond marin. Je levai les yeux vers le haut. L'éclat du soleil sur la surface de l'eau m'éblouissait. Je nageais parmi les roches, me donnant l'impression d'être un dauphin.

Un sentiment de béatitude et de pur bonheur m'emplissait. Je nageai plus vite, faisant la course à quelques gros poissons non apeurés. Oubliant tout, juste l'eau, moi et ses honorables habitants.

D'un coup plus rien, j'ouvris la bouche et inspirait.. le vide. Je ne m'en étais pas rendue compte mais la bouteille s'était vidé. Je me retournai, cherchai mais rien. Je les avais perdu. Dans mon excitation, je m'étais trop éloigné de mes camarades. Mon cœur battait douloureusement dans ma poitrine, renvoyant ma totale panique du moment. Je triturai ma ceinture et tentai d'enlever les poids qui m'alourdissaient. Je ne réussis pas et les tremblements de mes mains n'aidaient en rien.

Alors, je tentais une dernière chose. Battant les jambes de toutes mes forces, je tentai de remonter. Mais la surface était trop loin. Mon cerveau, embrumé par le manque d'oxygène n'avait pas capté que cela me demanderaient trop d'air. L'oxygène encore présent dans mes poumons finit par s'épuiser. Alors je tombai, le bras suspendu vers le haut comme en attente d'une quelconque main rédemptrice. Ma vision se voila de noir. L'hostilité de ce lieu me parut si évidente

Les pics des roches menaçaient mon dos, les tentacules vertes au fond semblaient vouloir m'attraper et me serrer jusqu'à l'étouffement. Des ombres planaient, des silhouettes. Elles nageaient, s'approchaient, curieuses et malsaines, elles souriaient presque dévoilant des dents aiguisés.. Des faucheurs.. Et sur cette vision effroyable, je perdis conscience.
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