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A l'aube - Le coeur rompu

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La Fée Licia

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Toujours à l'aube éveillée. Je tends le cou pour voir si le premier rayon de soleil apparaît au dehors. Rien encore. Tout est noir. Près de moi une respiration régulière rythme les battements de mon coeur. Le lampadaire de la rue dessine le contour de son visage apaisé. Il est couché sur le dos, ses bras reposent sur le drap blanc en un mouvement puéril, abandonné. J'attends dans la pénombre que la lumière arrive. J'attends sans impatience. Je sais qu'elle arrivera, qu'elle prend son temps, mais qu'à la fin, inexorablement elle sera là. L'aube ne pose jamais de lapin.
Ce matin il ne partira pas. Il a promis, comme chaque fois. Et moi je n'y crois pas, je n'y crois plus. Je n'espère plus. Seule la lumière de l'aube naissante effacera mon chagrin.
Dehors s'éteignent les dernières étoiles, celles qui nous ont veillées toute la nuit, celle qui ont été témoin de notre amour, l'amour infini qui m'uni à cet homme, qui règle ma vie. Les étoiles ferment les yeux, j'ouvre les miens. Elles promettent une aube radieuse. Il suffit d'attendre que les minutes passent pour voir, petit à petit pâlir le ciel.
Je suis seule à attendre cette renaissance du jour. Je ne veux pas partager ce moment. Je laisse l'homme dormir et sans bruit, je vais sur la terrasse, les pieds nus sur les dalles froides. Je ne veux rien perdre de ce moment furtif où la nuit fait place au jour, où la lumière dompte le noir, où les cauchemars s'effacent et laissent place à la clarté. Je veux saisir le premier rayon de soleil, le rose incandescent des nuages. Je veux voir la masse sombre qui domine la colline se dessiner en une forêt de pins.
Accoudée au muret de pierres j'attends le miracle du jour. La clarté avance, les couleurs se fanent et se mêlent au ciel devenu laiteux. L'ombre recule. Le paysage reprend ses formes, les maisons au loin se détachent et enfin la lumière envahit tout. Je frissonne mais je ne peux rentrer. Il me faut attendre encore un peu, avant l'ultime déception.
Mon amour a quitté le lit. Je scrute la pénombre de la chambre avec la peur de ne plus jamais le revoir. Mon coeur s'emballe, ma gorge retient un sanglot. Et puis... Je sens un bras délicat poser un châle sur mes épaules.
Un murmure à mon oreille :
"Reviens te coucher ma chérie, tu vas prendre froid.
Je reste ! "
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Image de Gérard Aubry
Gérard Aubry · il y a
Belle attente couronnée de succès! Beau petit poème en prose! G. A.
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