A l'abordage !

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La mer... Cette chanson, c'est tout moi... https://www.youtube.com/watch?v=4EhQqZ6UsjA C'est justement face à la mer que j'écris en ce moment. Qu'elle est belle, mon île ! Prenez soin de  [+]

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La Méditerranée est calme, elle scintille sous le soleil ardent. Seule une petite brise rafraîchit les marins de cette chaleur pesante qui n'engage pas au travail. La Goélette a adopté sa vitesse de croisière pour le repos de ses occupants. A son bord, tout est calme et chacun vaque à ses occupations. Les moussaillons se sont partagé les ponts et les astiquent de leur balai-brosse de manière énergique. Le gabier de poulaine est penché sur un mât et tente d'en rafistoler la partie basse abîmée lors d'un abordage. D'autres marins vérifient les canons et les passent en revue, de la gueule aux roues, afin qu'ils soient opérationnels au prochain abordage. Le capitaine, lui, est sur le qui-vive. Depuis son poste de commandement, il scrute l'horizon à l'aide d'une longue-vue en cuivre astiquée la veille par son aide de camp. C'est un passe-temps auquel il s'adonne quand l'équipage est occupé à des activités de maintenance. Ses soldats l'ont surnommé "Neunœil" car il a perdu l'œil droit lors d'un combat.
Tout à coup, il sursaute et pousse un cri : "Moussaillons, à vos postes ! Une frégate royale en vue !"
Pas de doute, !a bannière du roi flotte au sommet du grand mât !
"Branle-bas de combat ! Hissez le drapeau noir ! Equipez-vous pour l'abordage ! Chargez vos pistolets et munissez-vous de votre sabre !"
Dans son affolement, son œillère a glissé sur sa joue et laisse apparaître un œil sans vie et sans expression. Mais d'un geste rapide, il remet les choses en place et ordonne : "Canonniers, à vos pièces ! Un, deux, trois, feu !"
Boum ! Un boulet part du bateau pirate, puis un deuxième et la batterie entière se met en mouvement. Crac ! Le grand mât du navire royal vole en éclat et tombe à la mer.
Les pirates poussent des hurlements de joie : "Hourra ! A l'abordage !"
Avec une précision extraordinaire, le bâtiment s'approche de la cible. Avec des cordes solides, les pirates l'accrochent à leur adversaire et sautent sur son pont, le couteau entre les dents et le sabre à la ceinture.

A bord du navire royal, c'est la panique. La vitesse n'a pas permis d'échapper aux poursuivants, malgré les ordres de son capitaine, un homme d'allure élégante mais bien musclé et volontaire. C'est un prince de sang royal, Joseph de la Sablière. A la vue des pirates, il s'exclame à leur intention : "Où est votre chef ? Je veux lui proposer un arrangement car nous ne sommes pas des voyous sanguinaires".

D'une voix grave et bien assurée, le pirate en chef, qui s'est approché, s'avance, l'épée en l'air : "Le chef, c'est moi ! Tu refuses de te battre ?"
L'autre, vexé, rétorque : "Je n'ai peur de personne et surtout pas de toi ! Je suis le fils du roi et il m'importe de mener ma croisière sans faire couler le sang. Je te propose un duel, une sorte de jugement de Dieu. Celui qui gagnera obtiendra la victoire pour son bateau".
Neunœil aime les défis et accepte : "D'accord !"

Le duel commence et les lames se croisent d'innombrables fois en lançant des étincelles. Les équipages-spectateurs se positionnent en rond autour des belligérants et retiennent leur souffle. Le combat est interminable, les deux adversaires semblent de même force. Qui va gagner ?

Soudain, un cri de femme retentit derrière eux. C'est la reine, la maman du prince. Elle s'élance au milieu des matelots. Son fils proteste : "Maman, je t'avais demandé de rester dans ta cabine et de ne pas te mêler de mes affaires."
Mais la reine ne l'écoute pas et lance au chef des pirates : "Simon, mon enfant !"
Le prince et le pirate s'immobilisent l'un comme l'autre, pétrifiés et lançant des regards interrogatifs à la voyageuse.
Celle-ci s'explique : "Vous êtes mes jumeaux ! Quand vous étiez bébés, des pirates nous ont attaqués pendant un voyage en mer. Ils t'ont enlevé, Simon, à notre grand désespoir. Mais je t'ai reconnu."
Les deux frères s'observent un moment.
"Nom d'une pipe, s'exclame Simon, tu as le même œil que moi, en double puisque j'en ai perdu un dans un abordage."
"Et tu as les mêmes cheveux que moi", répond Pierre, roux et frisés, comme on en voit rarement.

A ces mots, tous les matelots retrouvent leur voix pour acclamer les deux frères.

Après cette aventure, Simon se recyclera en prince et tous vivront heureux au château de leurs parents.
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