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A la recherche des sens perdus

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Charles Tobrou

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Berlin, juin 2017

Et alors, le silence, oppressant, inquiétant, déstabilisant, imposant. Un silence plein, un silence lourd, un silence vide et libre à la fois. J'ouvre les yeux et enfin je le vois, juste là, devant moi, calme, sans l'ombre d'un mouvement, silencieux Lui aussi. Je suis fasciné par Sa présence, Sa puissance : Son silence. Je détache me yeux de Sa silhouette et observe le "autour", le "ici". C'est un endroit comme les autres, un peu comme un "partout" avec une différence tout de même : dans ce "ici", Lui, Il est là ! Je crois que Sa présence fait de ce "partout d'ici" un "hic et nunc". J'observe donc cet "hic et nunc", coloré, bariolé je crois bien, des reliefs variés, espacés et rapprochés : dispersés.
Alors, mon attention se retrouve captée par un corps, plus si étranger que ça : Lui. Je tourne ma tête et le vois, Il se déplace, Il s'élève, je le suis du regard. Il agrippe mon esprit, Il me tourne autour : Il me parle. Je ferme mes yeux et l'écoute, je ne comprends pas mais je devine.
Mes yeux s'ouvrent d'eux même et mon regard tombe sur ces chaînes qui me retiennent. Je n'en tiens pas compte mais pourtant je commence à sentir leur poids sur mes poignets, mes chevilles et autour de mon front. Lentement mon corps prend conscience du bois, du métal et du verre. Lui, Il est là calme, continuant Son discours. Je l'écoute toujours, avide, assoiffé comme hypnotisé. N'y tenant plus je me lève brusquement. aucune résistance. Je me retourne : plus rien. Rien que du blanc. Un blanc lumineux, clair, éblouissant. Un blanc triste, sombre et hostile. Un blanc attirant, inquiétant, oppressant, repoussant et rassurant.
Sa voix coule toujours, là haut, son flot incessant me nourrit, Il m'inspire. Dehors aucun bruit, que du blanc. Finalement je recule, me retourne et me reprend, moi et mes esprits. Il est là, devant, Il marche ou du moins Il avance. Il m'entraîne et je le suis sans le comprendre, ni Lui, ni Son langage d'ailleurs. Je ne sais pas si je ralentis ou s'Il accélère, mais je sens qu'Il s'éloigne. Sa voix se fait plus faible, plus lointaine. Je ne peux pas Le perdre, je n'en ai pas le droit. Je Le rattrape. Il ouvre un pan de blanc et dévoile du noir. Il me fait signe d'entrer, je m'avance et ne sens plus rien. Le bruit de la nature me revient, je lève les yeux et un flot de couleurs traverse mes pupilles...

Et, enfin, je La vois.

Silencieuse,

Inquiétante,

Imposante,

Oppressante.


Je ne sais plus rien,



Que la peur
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