A côté de la plaque...

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Je suis à côté de la plaque, je suis à côté de tout. Tu sais, je n’y arrive plus, c’est tout. Je suis à côté d’une tombe qui porte une plaque au nom d’une personne que j’aimais. Aujourd’hui cette personne n’est plus là, et mon monde s’est arrêté. Un cimetière n’est pas la maison dont tu rêvais. Depuis que tu n’es plus là, c’est un enfer qui a conduit à une succession de malheurs.
Je n’arrive plus à écrire, je n’ai plus d’inspiration. Mes seuls sujets sont la mort, que je hais plus que tout. Il y a eu un accident qui a réduit la maison en cendres, nous laissant seuls à la rue, nous enlevant le peu de toi qu’il restait. Une voisine nous a alors hébergé, elle est ensuite tombée gravement malade et est partie à l’hôpital. Elle est décédée quelques semaines plus tard. Papa a continué à travailler de plus en plus, mais nous n’avions toujours pas assez d’argent pour nous loger. Nous sommes donc allés chez mamie et papy loin de nos amis, loin de toi. L’école où nous nous sommes retrouvées Jade et moi était une école délabrée: partout les murs étaient fissurés et menaçaient de s’effondrer. Nous n’avions pas beaucoup d’amis, et peu de professeurs pédagogues.
La vie dans le sud n’était pas désagréable, et finalement notre école délabrée n’était pas si affreuse que ça. Nous nous sommes habitués, il nous fallait juste du temps.
Quelques mois plus tard, j’ai remarqué que papa souriait continuellement et c’était assez inhabituel, j’ai alors décidé de mener l’enquête. Je l’ai suivi, du matin jusqu’au soir pendant une semaine et ce que j’ai appris me troubla. Lundi, il va au travail à l‘heure habituelle, sort pour déjeuner avec une jeune femme. Il lui parle, la prend dans ses bras (mais qu’est-ce qu’il fait !). Il retourne ensuite travailler. Mardi, journée normale mais il la retrouve le soir avant de rentrer à la maison. Mercredi, il ne la voit pas. Rien d’anormal à signaler. Jeudi, il ne travaille pas pourtant il n’est pas à la maison. Il est avec elle. Vendredi, encore une journée normale. Qui est cette femme et pourquoi la voit-il si souvent? Alors lorsqu’il est rentré je lui ai demandé:
- Qui est cette femme avec qui tu as déjeuné lundi? Et pourquoi la vois-tu si souvent?
- C’est une collègue... a... avec qui... je... monte un projet, me répondit-il.
Je savais que c’était faux pourtant je n’ai rien dit. J’ai appris plus tard que cette femme que je pensais être sa petite amie, n’était pas une collègue, et encore moins sa petite amie. C’était ta soeur maman. Elle ne savait pas que tu étais morte, et je ne la connaissais pas puisqu’elle était en Egypte pour des fouilles archéologique depuis plus de cinq ans.
Tu vois j’avais tout faux. Je me suis prise pour Sherlock Holmes alors que je ne sais même pas reconnaître ma propre tante. Elle est assez gentille d’ailleurs mais très maladroite. Dès sa première venue à la maison (chez papy et mamie) elle a renversé son café. La semaine suivante, elle s’est pris les pieds dans le tapis, et est tombée. Sa maladresse la rendait drôle même si elle devait sûrement déjà l’être. Elle est gentille. Elle te ressemble maman: elle est belle, elle a un sourire éblouissant, des cheveux magnifiques... Je te retrouve tellement en elle. Tu me manques maman, et ne plus pouvoir aller te porter des fleurs me brise le coeur.
Alors oui, je suis partie aujourd’hui. J’ai pris le premier train pour te porter les plus belles fleurs du monde. J’ai pris le premier train pour te porter un peu d’amour. Aujourd’hui c’est ton anniversaire, alors je te souhaite un joyeux anniversaire maman. Même si je sais que tu ne me répondras pas, je t’aime !
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