A corps et à cris

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Suite de "Suzie, ô Suzie"

Après le coup des photos, je m’attendais au pire. Je pensais être le seul à craindre les exactions de cette bande d’abrutis. Erreur.

Mon café-croissant risquait fort d’être compromis. L’odeur dégagée par le tas de cendres, seuls restes du bistrot de Suzie, gâchait par avance mon plaisir matutinal.
Ça ce n’était pas grave. Suzie était sauve ? Oui ! Dans mes bras elle chouinait à petites larmes, bien vite consolée par sa position confortable.

Réveillée à temps par une voix lui intimant de calter, elle avait échappé à l’incendie déclenché pour faire peur, mais pas pour tuer. Pas encore.

Nous étions deux en danger. Un de trop. Je ne pouvais supporter l’idée que Suzie risque sa vie du fait de mes options professionnelles. Ne disposant plus de chez moi, je l’installai à l’hôtel. Après un câlin réconfortant, je la bordai et l’envoyai au pays des songes avec une bonne dose de somnifère.

Fallait quand même pas qu’ils croient m’impressionner les adorateurs de Jeanne. Ils ne connaissaient pas forcément tout de mon passé et de mes relations de hall dans les cités de mon enfance. La police comprend aussi des membres issus des banlieues et j’avais gardé des contacts utiles. Un copain d’escalier ayant accès au fichier des personnels me dégota rapidement les coordonnées des membres créateurs les plus actifs du groupe Facebook.
Nous étions convaincus que, les instances de contrôle étant aux mains de la police (IGPN), nous ne pouvions en attendre des poursuites contre ces policiers racistes. Il fallait donc agir nous-mêmes.

La faune du soir habituée du bistrot de Suzie fut mise à contribution lors d’une réunion dans la propriété d’un travesti, par ailleurs banquier de son état. Les travailleuses du e.sexe furent chargées des invitations personnelles à une soirée dans cette propriété. Le déroulement de celle-ci fut élaboré dans les moindres détails et chacun mit un point d’honneur à participer en fonction de ses goûts et de ses aptitudes. La communauté GBTQIA+ en première ligne, les L ayant décliné.

*****

Bougival, deux heures

La bacchanale est à son comble. Les invités ayant été joints individuellement, tout étonnés de se retrouver ne boudent pas leur plaisir. Les habitués de chez Suzie non plus qui joignent l’utile à l’agréable.

Le champ coule à flot et nos défenseurs de la civilisation occidentale chère à la famille bien connue, sont mûrs à point. Saouls d’alcool et de sexe, ils seront lâchés sur les boulevards ; Devant leurs collègues et la presse dûment prévenus. Nus et moulus, avec chacun un magnifique tatouage fessier, ayant trait à leur anatomie. Ce qui d’après les gays de chez Suzie n’est que pure vérité et non, comme pourraient le penser leurs compagnes, la marque de l’infamie.

Attentat à la pudeur, propos racistes sur les réseaux sociaux et menaces de mort, voilà de quoi alimenter une procédure qui ne peut déboucher que sur leur condamnation et leur éviction de la police.

« Chut ! La justice passe ? ». Peut-être...
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