8 mai 2017

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Intermittent de l'écriture, je m'intéresse au monde qui m'entoure sans autre ambition que d'exprimer ce que je ressens en quelques mots. N'hésitez pas à venir lire mes textes qu'ils soient en  [+]

Le monde a changé ce matin. Je ne le reconnais plus. Un voile sombre s'est abattu sur nous. Quelle horreur! Jusqu'à la dernière seconde, on a espéré. Mais lorsque le visage carnassier de la nouvelle présidente est apparu tu m'as broyé la main. Tes ongles se sont enfoncés dans mes chairs. Jusqu'au sang.
La bêtise, l'ignorance et la médiocrité ont donc gagné. Qu'allons-nous devenir? Nous, les représentants de la pensée unique. Nous, qui avons eu le tort de lire, de nous cultiver, de nous informer, de réfléchir par nous-même, de refuser les discours simplistes. Nous, qui ne sommes pas dans la norme. Nous, qui accueillons les étrangers.
Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, passant d'une chaîne à l'autre dans l'attente d'un improbable retournement de situation. Partout les mêmes visages triomphants. Le même esprit de revanche. Partout les mêmes constats déplorables. Personne n'a rien vu venir. Ou plutôt, personne n'a rien voulu voir venir. Une fois de plus. Une fois de trop.
Au bord du gouffre chacun essaie de s'agripper à ce qu'il peut. A ses certitudes. A ses garde fous. Mais cette nuit, les certitudes ont volé en éclat. Et les garde fous se sont disloqués. Désormais, tout est possible. Surtout le pire.
Deux options s'offrent à nous. S'exiler. Quitter ce pays. Devenir des réfugiés. Je connais ta préférence pour le nord, supposé tolérant. Mais je préfère le sud, pour son soleil. Tu ne supportes pas la chaleur. Le froid me pétrifie. Je ne m'inquiète pas. Nous trouverons bien une solution. Comme toujours.
Nous pouvons aussi choisir de rester ici pour mieux résister. Même si les deux semaines de manifestations n'ont servi à rien si ce n'est à sauver notre honneur. Chaque jour, nous sommes descendus dans la rue pour battre le pavé. Nous étions des millions à refuser l'intolérable. De toutes classes sociales. De toutes origines. De tous genres. De toutes croyances. De toutes obédiences. Le flot interrompu se déversait dans les rues. Inquiet. L'inimaginable était à craindre. L'inimaginable s'est produit.
Toujours est-il que nous allons continuer à crier. Dès ce soir, nous retournerons dehors pour leur montrer qu'ils n'ont pas gagné. Malgré les apparences.
La lutte ne fait que commencer.
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