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8 mai 2017

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Olivier Vetter

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8

Le monde a changé ce matin. Je ne le reconnais plus. Un voile sombre s'est abattu sur nous. Quelle horreur! Jusqu'à la dernière seconde, on a espéré. Mais lorsque le visage carnassier de la nouvelle présidente est apparu tu m'as broyé la main. Tes ongles se sont enfoncés dans mes chairs. Jusqu'au sang.
La bêtise, l'ignorance et la médiocrité ont donc gagné. Qu'allons-nous devenir? Nous, les représentants de la pensée unique. Nous, qui avons eu le tort de lire, de nous cultiver, de nous informer, de réfléchir par nous-même, de refuser les discours simplistes. Nous, qui ne sommes pas dans la norme. Nous, qui accueillons les étrangers.
Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, passant d'une chaîne à l'autre dans l'attente d'un improbable retournement de situation. Partout les mêmes visages triomphants. Le même esprit de revanche. Partout les mêmes constats déplorables. Personne n'a rien vu venir. Ou plutôt, personne n'a rien voulu voir venir. Une fois de plus. Une fois de trop.
Au bord du gouffre chacun essaie de s'agripper à ce qu'il peut. A ses certitudes. A ses garde fous. Mais cette nuit, les certitudes ont volé en éclat. Et les garde fous se sont disloqués. Désormais, tout est possible. Surtout le pire.
Deux options s'offrent à nous. S'exiler. Quitter ce pays. Devenir des réfugiés. Je connais ta préférence pour le nord, supposé tolérant. Mais je préfère le sud, pour son soleil. Tu ne supportes pas la chaleur. Le froid me pétrifie. Je ne m'inquiète pas. Nous trouverons bien une solution. Comme toujours.
Nous pouvons aussi choisir de rester ici pour mieux résister. Même si les deux semaines de manifestations n'ont servi à rien si ce n'est à sauver notre honneur. Chaque jour, nous sommes descendus dans la rue pour battre le pavé. Nous étions des millions à refuser l'intolérable. De toutes classes sociales. De toutes origines. De tous genres. De toutes croyances. De toutes obédiences. Le flot interrompu se déversait dans les rues. Inquiet. L'inimaginable était à craindre. L'inimaginable s'est produit.
Toujours est-il que nous allons continuer à crier. Dès ce soir, nous retournerons dehors pour leur montrer qu'ils n'ont pas gagné. Malgré les apparences.
La lutte ne fait que commencer.
8

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Patrick Peronne · il y a
Un point positif : sa prestation honteuse au débat de jeudi a commencé à écorner son image. Ce matin à Reims, retranchée dans la cathédrale, "la représentante du peuple" qui cherchait à se faire adouber, est sortie par une porte dérobée... Votons... plus bas sera son score, plus grandes seront nos chances de la "dégager" !
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Olivier Vetter · il y a
Merci Patrick
Elle est partie pour 2022

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Didier Poussin · il y a
La disillusion en marche
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Olivier Vetter · il y a
Tout à fait
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F. Chironimo · il y a
La lutte finale, il faut toujours y croire! pour ma part ce sera Gérard Filoche ou personne!
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Olivier Vetter · il y a
Ce sera personne alors.
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F. Chironimo · il y a
de toute évidence ;-(
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Ppy · il y a
après Donald, Cruella !!
l'ambiance est au père fouetard ???
Les instincts primairs, plus que la raison.....

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Olivier Vetter · il y a
Merci Ppy,
C'est d'ailleurs la saison des primaires.

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Joëlle Brethes · il y a
Oups ! J'espère que c'est totalement fictif et qu'il ne s'agit pas d'une vision prémonitoire :(
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Olivier Vetter · il y a
J'espère que cette fiction deviendra une uchronie le 8 mai prochain

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