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2015

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Davy Demay

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Quand ils nous vendent leurs valeurs en cliché.
Quand ils oublient de dire qu’entre ces deux morales, il nous faudra trimer, il ne faudra pas pleurer.
Quand ils réfléchissent pour nous et que c’est mieux pour eux.
Quand nous réfléchissons à eux et que l’on pense qu’ils font pour le mieux.

Quand les convictions, la culture, nos moyens, nos religions sont sujets à posture pour se sentir au-dessus des autres, pour se hisser en dessous des autres. Que l’écologiste donne des leçons de tri, des leçons de vies, que l’on vend ses déchets à des usines pour en refaire du bruit, pour en refaire du profit. Quand nous ouvrons les frontières et que les chiffonniers font de l’argent avec nos ordures, quand nos poubelles sont des trésors et qu’hier encore tu les pensais dehors.
Quand nous donnons un peu d’importance à des gens pour contrôler les autres. Que le gens en profitent, et que les autres se le permettent pour se sentir un peu moins nul, un petit moins comme les autres. Des postures malignes pour des egos trop gras, des bonnes actions trop rares, des empathies trop courtes pour des egos trop gros.

Quand ils nous vendent leurs idées en cliché.
Quand ils oublient de dire qu’entre ces deux infos, il nous faudra trimer, il ne faudra pas pleurer.
Quand ils réfléchissent pour nous et que c’est mieux pour eux.
Quand nous réfléchissons à eux et que l’on pense qu’ils font pour le mieux.

Quand un fonctionnaire de direction envie les ouvriers pour gagner trop, pour des études en moins. Que l’ouvrier n’en puisse plus d’être dirigé par un stylo sans main qui ne produit rien. Que l’entrepreneur n’en puisse plus de payer un état qui ne lui sert à rien, des ouvriers qui ne peuvent rien.
Quand le promoteur s’en tire bien, mais que ceci ce n’est rien, il pourrait gagner plus si seulement nous pouvions lui coûter moins.

Quand des perroquets bavards se prennent pour des hiboux sages. Quand ils répètent des informations en cage pour ne pas libérer une liberté prise en otage par des intérêts anthropophages. Quand la télévision nous regarde pendant que nous regardons nos ordis, nos téléphones, que nous payons pour nos portails à des entreprises qui mentent et qui truquent leurs offres en détail pour nous garder à tous les âges.

Quand ils nous vendent leurs campagnes en clichés.
Quand ils oublient de dire qu’entre leurs deux programmes, il nous faudra trimer, il ne faudra pas pleurer.
Quand ils réfléchissent pour nous et que c’est mieux pour eux.
Quand nous réfléchissons à eux et que l’on pense qu’ils font pour le mieux.

Quand les politiques éditent leurs idées d’aujourd’hui pour nous expliquer que celle-ci effacent celles d’hier, leurs défaites d’hier, leurs échecs d’hier. Qu’ils feront mieux demain, si nous leur donnons la main. Quand les jeunes sont derrière Juppé, peut-être un peu derrière le FN et ça jusqu’à la fin. Que les punks d’aujourd’hui me choquent plus que ceux d’hier. Que le blazer d’aujourd’hui me fait plus peur que les cheveux de couleurs primaires d’hier. Que nous pouvons élire un président noir et ne pas pleurer lorsqu’on abat des jeunes dans le noir. Quand des pays puis des terroristes puissent abattre des gens en nombre devant des politiques amnésiques, blanchis par le plus grand nombre.

Quand les industries nous livrent des objets trop chers, et des matières trop faibles, programmés d’avance pour vivre l’âge des enfants qui les fabriquent pour eux. Nous payons en euros, la valeur d’un franc hier. Nous travaillons en l’air, pour les payer demain. Nous voulons déjà l’évolution suivante, en espérant qu’elle soit déjà en vente. Demain nous serons à la hauteur, nous aurons l’objet qu’il faut, mais nous n’aurons peut-être pas la hauteur qu’il faut.

Quand ils nous vendent leurs spectacles en cliché.
Quand ils oublient de dire qu’entre ces deux prime time, il nous faudra trimer, il ne faudra pas pleurer.
Quand ils réfléchissent pour nous et que c’est mieux pour eux.
Quand nous réfléchissons à eux et que l’on pense qu’ils font pour le mieux.

Quand l’humour ne fait rire que la banque qui l’a payé. Quand l’humour a disparu au profit d’un amour sur papier glacé. Quand les initiales si jeunes d’une institution centenaire lavent aujourd’hui les souvenirs d’un comique quarantenaire. Il ne s’agit pas d’être honnête mais de le paraître, il ne s’agit pas d’être poète mais de paraître. Une bonne affaire est souvent chère aux banques et aux princesses.

Quand les œuvres de charité sont critiquées, les malheureux manipulés. Que les chanteurs héros jugent une jeunesse dispersée. Que les bénévoles jugent des bénéficiaires trop habitués. Quand l’effort n’est plus une monnaie. Que l’on peut être riche en ne faisant presque rien et si pauvre en faisant tellement pour rien. Quand les inspirateurs d’hier sont morts ou alcoolos. Que les rêveurs d’aujourd’hui sont perdus dans des ghettos. L’espoir est monnayable dans les sphères d’affaires qui restent imperturbables.

Quand ils nous vendent leur bonheur en cliché.
Quand ils oublient de dire que dans le quotidien il ne faudra pas pleurer. Qu’il faudra les écouter, les supporter et qu’il sera difficile de les ignorer.
Quand chaque jour il faudra continuer, sans rien pouvoir vraiment changer.
Quand ils réfléchissent pour nous et que c’est mieux pour eux.
Quand nous réfléchissons à eux et que l’on pense qu’ils font pour le mieux.

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