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1955

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Jeffrx

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1955 : Je suis belle. On m'aime. C'est mon travail. Chaque jour. Mais c'est mon rythme. Je possède la beauté. Ils ont besoin de moi. Chaque jour. On me maquille. Plusieurs essais. J'ai eu toutes les formes. Je reste irrésistible. La jeunesse est avec moi. Je la porte. Le coffre est remplit de bijoux. Ils m'ont tous déjà ornés. Tant de couleurs. À quoi ça sert? Je joue, on aime ma façon de bouger. Je suis élégante et gracieuse. Je pourrais convaincre n'importe quel homme, n'importe quelle femme. Le public n'est là que pour moi. Toutes ces couleurs, mais prisonnière d'une boîte qui n'en montre pas. Où va la vie? Je fais semblant de vivre la vôtre. Vous aimez mon mensonge, vous m'aimez moi. Droit au cœur, je suis atteinte quand vous me reconnaissez. Mais vous ne me connaissez pas. Tout le monde ignore tout de moi. Je suis belle blonde, parfois rousse. Je chante. Je parle. Mes discours. Je ne dis pas ce que je veux. Je ne le dis pas à ma manière. M'aimez-vous vraiment? Chaque soir, parce que le matin est confus. Chaque soir ils me ramènent. Je suis une reine ou une poupée. Je monte à bord de cette voiture. Nous arpentons, sans discussions, les rues de la ville. Le soleil est bas et les fenêtre des immeubles sont en feu. C'est mon moment. Je rêve. Tout semble si beau sous ce calme. Je rêve parce que j'en suis capable, pourquoi donc? Les grands appartements. Je préfère qu'on ne m'y accompagne pas. Je ne suis jamais morte de la voiture à la porte. Dès qu'elle se referme sur moi, je vais à la salle de bain. Je me regarde, pour être certaine d'être toujours belle. Je suis déçue à chaque fois. Mais ils m'aiment quand je suis elle. Je change mes vêtements. Je l'attends. Enfin, quand sera-t-il là? Voilà toute la journée que j'y pense. J'ai si hâte de le voir. Chaque jour. Je l'attends. La journée n'est qu'un prétexte pour arriver au soir. Ce moteur qui redonne sens à ma vie pour une fraction d'existence. Puis encore de l'attente. Ça cogne. Je cours et ralentit devant la porte pour ne pas qu'il devine ma hâte. Lorsqu'il me rend visite. Il ne reste pas longtemps. Parfois ne franchit-il même pas le seuil. Mais c'est suffisant. Pour vue qu'il vienne. Lorsqu'il repart, je suis aux anges. Je me replace devant le miroir et je me trouve réellement belle. Même sans ce maquillage. Je suis naturellement belle et j'ai quelque chose à offrir. Cela dure quelques temps. Puis je regrette sa venue. J'aimerais ne pas avoir besoin de lui. J'aimerais ne pas avoir besoin de me cacher derrière ma beauté. Mais le besoin est plus présent chaque jour.
J'ai besoin qu'il vienne chaque soir. Chaque soir, car le matin est confus. Cette habitude, cette altitude en déséquilibre, me ramène à la solitude, mes mains qui vibrent. Je suis en confiance, parfois je perds la danse, ou alors je manque de chance. Priez pour moi, je suis votre idole. Criez d'effroi, lorsqu'on me retrouve froide sur le sol.
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