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14 juillet 1953

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Louisa

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14 juillet 1953

Le petit village de Poussac est en fête pour ce 14 juillet. Aubade devant chaque maison où en échange des quelques francs les familles reçoivent des brioches.Ces brioches moelleuses et parfumées qui font la gourmandise des grands et des petits. Jeux de quilles, feu d'artifice le soir tout est prévu pour
cette journée qui réunie les habitants.
Mais une famille ne participe pas à cette fête c'est la famille de Lisa. L'inquiétude pour cette fillette de 2 ans grandit depuis le début de la semaine. Lisa a été très fiévreuse et souffre d'un violent mal de gorge. Le médecin a diagnostiqué une mauvaise angine. Le jeudi, Lisa est très faible.
Sa mère voulant la poser sur ses jambes, celles-ci se dérobent sous elle. Elle retombe assise. Jeanne réitère sa tentative,sans autre résultat que del a voir s'affaisser encore. Jeanne part en courant demander conseil à sa mère. Juliette comprend qu'il ne faut pas perdre de temps elle part appeler le docteur de la ville. La Grand-Mère pourtant connue pour son sang froid, pleure. Le docteur ordonne immédiatement d'emmener la fillette à l'hôpital. La voiture démarra en trombe. Prévenue, une infirmière les accueille dès leur arrivée. Elle prend Lisa dans ses bras pour l'amener en salle d'examen et appelle le médecin. Elle demande à Jeanne de rester en salle d'attente. Elle sera informer dès que possible.
Un jeune chirurgien aux gestes assurés et doux examine Lisa. Elle est bouleversée, affolée, elle appelle sa maman, elle ne comprend pas pourquoi on l'a transportée dans cette grande salle blanche, éclairée d'une lumière très forte, et pleine d'outils et de machines inconnues.
Au bout d'un moment, le chirurgien entre dans la salle d'attente, et explique à Jeanne que compte tenu des premiers examens sa fille doit subir une ponction lombaire. Jeanne a envie de hurler mais elle serre les dents. Elle patiente dans la salle d'attente depuis des heures. Des nouvelles viennent enfin.
– Madame il va falloir être courageuse. Nous allons devoir garder Lisa quelques temps et l'isoler, car sa maladie est contagieuse. Il s'agit d'une poliomyélite, qui a atteint sa jambe droite.
Quand la phase contagieuse sera passée, il faudra la placer dans un centre de rééducation spécialisé. Elle devra ré-appprendre à marcher.
Jeanne ne pleure plus. Ses yeux rougis fixent le docteur. Elle demande si ce sera long. Le médecin parle de plusieurs mois de rééducation.
Jeanne se tait. Elle pense que le temps du bonheur est fini.
Jeanne repart, accablée, la tête basse. Elle rentre seule à la maison et devra apprendre la mauvaise nouvelle à Pierre. Pierre attend le retour de Jeanne et de Lisa. Il s'effondre en voyant Jeanne revenir seule, en pleur. Elle lui explique du mieux qu'elle peut ce que le docteur lui a dit.
Pierre prend Jeanne dans ses bras. Ils essayent de se rassurer mutuellement. Lisa allait vite récupérer et serait de retour à la maison, et la vie reprendrait son cours. Harassés, les parents se couchent. La nuit de Jeanne est hantée d'outils bizarres et de pleurs d'enfants.
Pierre et Jeanne n'ont des nouvelles de leur fille que par téléphone. La séparation semble une éternité. Enfin un matin, la voix au téléphone annonce que la phase contagieuse est finie. Lisa doit partir en rééducation.
Quelle émotion, mêlée d'amour et d'espoir, quand Jeanne et Pierre peuvent enfin étreindre et embrasser leur fille ! Lisa ne sait plus ce qui se passe. Ses parents ne l'ont donc pas abandonnée ! Quelles retrouvailles ! La notion de temps n'existe plus !
las ces parents ne sont venus que pour la voir avant son départ en centre de rééducation. Lisa ne les voient pas partir. Quand elle comprend, qu'elle ne rentre pas à la maison, elle reste,longtemps, inconsolable.
La rééducation se passe bien. Lisa fait de son mieux, heureuse à l'idée de pouvoir remarcher, bientôt. Elle reste plusieurs mois dans ce centre, un monde inquiétant, impressionnant, peuplé d'adultes en blanc et d'enfants malades, dont beaucoup plus gravement atteints qu'elle. Lisa se fait quelques amies. Ses parents lui manquent toujours. Ils viennent rarement la voir. Poussac est si loin. Le retour à la maison lui semble un rêve. Après bien des efforts, et de moments difficiles, ce jour arrive enfin..
Jeanne et Pierre viennent chercher leur enfant ! Lisa rentre à la maison ! Pas de mots assez forts pour décrire son émotion en cet instant. Lisa pleure et rie à la fois, accrochée au cou de sa mère, de son père, de sa mère à nouveau. Cette fois, elle va retrouver sa maison, les êtres, les lieux qu'elle aime.
Elle avait oublié comme son village était petit ! Et sa maison aussi ! Mais quel bonheur que ce retour !
Lisa reprend sa place au sein de la famille. Fini le dortoir, le réfectoire, la salle de toilette où s'alignaient les lavabos, finis les couloirs sans fin. Elle retrouve les repas autour de la table avec Maman et Papa dans la petite cuisine.Jeanne lui fait des plats qu'elle mange avec gourmandise.
A la fin de l'été Lisa rentrera à l'école et retrouvera ses amies. Que de joies à venir.
Peu de temps après le vaccin arrive et devient obligatoire.
Les enfants ne connaitront plus cette maladie qui les laissaient parfois couchés ou appareillés pour la vie.
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Lili Caudéran · il y a
Voilà, chère Louisa, comme promis je suis venue à votre rencontre et j'ai fait la connaissance de la petite Lisa... Je crois deviner qu'il s'agit de votre propre histoire et cela me touche énormément.
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Louisa · il y a
En effet, vous avez bien deviné ! Merci Lili
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Joëlle Brethes · il y a
Une terrible maladie qui est pratiquement éradiquée sous nos climats. Je suis heureuse que Lisa s'en soit sortie : elle a été diagnostiquée à temps !
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Virgo34 · il y a
Une histoire pleine d'émotion.
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Thara · il y a
Une histoire qui finie bien. Cette petite a retrouvée ses parents, elle qui ne comprenait pas cette séparation...
C'est une maladie terrible, qui si elle n'est pas soignée à temps peut handicaper ou tuer. Aujourd'hui n'est pas comme hier (heureusement) !

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Flore · il y a
Lisa, c'est si touchant que ce la ressemble à une petite fille que vous connaissez bien ??? Maintenant, les vaccins, mais j'ai connu des enfants dans un aérium dans le Gers où je faisais un stage, qui avaient connu cette maladie...
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Louisa · il y a
vous avez raison. C'est mon histoire. Très perspicace Flore. Merci
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Salutaire rappel de la nécessité des vaccinations. Une histoire qui touche.
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Louisa · il y a
Merci
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Miraje · il y a
Autre temps, autre époque, et autres maladies ... Heureusement, une fin heureuse.
Né en 45, je suis particulièrement sensible aux souvenirs de cette période ; un autre âge !

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Louisa · il y a
Merci Miraje
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Paul Thery · il y a
Même commentaire sur ce texte que devraient lire les anti-vaccins acharnés qui n'ont pas connu cette époque. Même constat quand on lit une biographie de Louis XIV et qu'on constate que pratiquement toute sa descendance est morte de la variole (= petite vérole). A part ça, Poussac existe-t-il vraiment ? Je connais un Coussac, mais pas de Poussac !
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Louisa · il y a
non Poussac n'existe pas, J'ai donné ce nom en pensant à Poussan prés de Mèze.
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Virgo34 · il y a
Décidément, je retrouve ma région sous votre plume. C'est aussi la vôtre ?
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Louisa · il y a
oui, je vis à Montpellier ces endroits sont nos coins de balades avant les grosses chaleurs.
Merci

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Virgo34 · il y a
Je crois que nous sommes des privilégiées, mais chuttt !!!
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Dolotarasse · il y a
Comme quoi certains vaccins sont vraiment nécessaires !
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Louisa · il y a
oui, il faut savoir la part des choses.
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