13 mois avec un vampire

il y a
2 min
39
lectures
8

Bonjour, Quelle belle idée de nous avoir doté de tant de mots, et comme c'est dur de les choisir pour se présenter. Je suis Roland, j'aime la paix, l'amour et la joie de l'instant présent  [+]

L’Amour était le sang qui coulait en moi, nourrissait chacune de mes cellules.
Je croyais être dans le cœur de Dieu, je pensais vivre cet Amour Absolu. Je voulais crier au monde comme j’étais heureux d’être l’élu, je me sentais grand comme une montagne.
Je me trompais.
Je n’étais qu’une poussière soufflée par un vent de folie.
Au premier baiser, inondé de douceur, j’ai abandonné toute défense. Nu, le coeur ouvert au monde, j’étais ébahi de cette qualité d’Amour ultime, convaincu d’avoir été choisi et de boire le miel sacré jusqu’à la fin des temps.
D’un simple trajet en voiture nous filions dans l’Univers parmi les étoiles.
De ses bras cerclants de mon cou naissait une danse enivrante.
De son odeur indescriptible fleurissait le plus beau des jardin du monde.
De sa voix sucrée les mots chantaient l’Ode à la vie.
Petit à petit les crocs de la bête s’enfonçaient dans mon coeur que je pensait serré d’amour.
Je ne voyais pas que j’étais face à un vampire déguisé en la plus belle des créatures qui buvait cet amour chaque jour pour tenter de redonner vie à son être desséché. La bête me consommait, m’aspirait sans cesse. J’étais anesthésié par l'amour infini, inépuisable. C’était sans fin.
Jusqu’au jour où je vis la bête, les crocs plantés dans coeur d’un autre corps gisant. Le voile levé, la douleur m’a frappé. J’ai baissé les yeux sur mon torse et j’ai vu.
Un trou béant à la poitrine, juste au dessous du coeur, là où était le monde. La planète toute entière avait été arrachée.
Je me suis laissé couler.
Déchiré, pulvérisé, vaporisé, le monde n’était plus. Le vide entrait en moi par l’orifice béant, la bête avait tout emporté. Les couleurs et les rires d’enfants avaient disparus, les souvenir et les goût s’effaçaient, les musiques se taisaient.
Les toujours et les jamais disparaissaient.
Je sombrais encore.
Je sombrais dans le rien, sans quoi que ce soit pour m’accrocher.
Je flottais nulle part, seul dans un infini sanglot expiré.
Tout était dévasté, pas la moindre ruine pour me rappeler qu’il y eut autre chose ici.
Le futur avait disparu, les demain n’étaient qu’un feu. Et la brûlure s’insinuait encore en moi, se propageant dans chaque partie de mon être, le consumant jusqu’à sa dernière particule.
Ma chute s’accélérait encore a chaque expirations.
Je tombait dans le gouffre sans fin.
Jusqu’à cette vibration qui attira mon attention.
Une note.
Une note de musique sortie de nulle part, comme une échelle lancée pour me sauver. J’hésitais, le vide l’entourait, mais la note délicate persistait.
Il restait finalement une goute d’amour en moi qui saisit cette douce nappe de violon. Marche après marche, je commençait à remonter. La mélodie m’enveloppait et l’échelle devint un oiseau, bâtant de ses ailes blanches pour m’arracher à mon obscur destin. Aux violons, une flûte ajouta le premier éclat du jour. Elle chantait comme un oiseau heureux de revoir le soleil. Les tambours, les arbres, les couleurs, les cuivres clamant la vie et la première bouffée d’air frais dans mes poumons convalescents.
A la fin de la symphonie, dans le silence retrouvé, je me vis sur la planète, à genoux, épuisé, le corps blessé.
Je décidais enfin de me lever. Je fis un pas, puis un autre, et encore un. Je boitais. Mon corps souffrait, mais je sentais dans la poitrine la goutte d’amour toujours vivante, pure, fertile et vraie.
Je regardais autour de moi, tout était encore là.
Je compris que je fus sauvée par Mozart.
8

Un petit mot pour l'auteur ? 12 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Une très belle écriture, de très grandes idées métaphysiques dans une belle histoire !
Image de Chris Falcoz
Chris Falcoz · il y a
J'ai eu du mal à rentrer dans le récit au début, mais c'était temporaire. Il y a de bonnes tournures de phrases !
Attention à bien mettre un "s" à la première personne du singulier, et non pas un "t" (l'erreur est à plusieurs endroits).

Image de Atoutva
Atoutva · il y a
Une note de musique et l'on se retrouve au paradis ! Quel chemin !
Image de rolland olivier
rolland olivier · il y a
Presque rien et... presque tout cette note de musique. Grand merci !
Image de Ginette Flora Amouma
Ginette Flora Amouma · il y a
Sauvé par la musique !
Image de rolland olivier
rolland olivier · il y a
Oui, le beau est toujours là, pour peu qu’on lui prête une attention... merci pour la lecture🙏🏽
Image de Julien1965
Julien1965 · il y a
Très beau texte, travaillé et très très visuel. Merci à vous et à Wolfgang...
Image de rolland olivier
rolland olivier · il y a
Merci Julien, très sincèrement
Image de Diego
Diego · il y a
Ça dépote! On a pas envie de la croiser la bestiole. Mais lire d’autres textes comme celui-ci: OUI!
Image de rolland olivier
rolland olivier · il y a
Merci Diego!
Image de Mickaël Gasnier
Mickaël Gasnier · il y a
Un récit cinglant pour ne pas dire sanglant, aux mots aiguisés tels des crocs...
Sachez Rolland que vous comptez désormais un nouvel abonné ! Aléa Jacta est ! ( Parce qu'à l'ouest je n'y suis pas ;-)
À bientôt donc je l'espère sur nos pages respectives... si le cœur vous en dit...

Image de rolland olivier
rolland olivier · il y a
Touché en plein cœur. Merci