Voyage

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Infime poussière voguant dans le « grand espace sidéral », mais non dénué d’humour, qualité très difficile à apprécier, à l’échelle particulaire, je comptabilise déjà quelques  [+]

Voyage
Les yeux dans les nuages
La tête remplie de paysages.
Voyage
Même si la vie est un mirage
Même si tu as peur des orages.
Voyage
Et tiens-toi bien dans les virages
Si tu n'aimes pas les dommages.

Promène-toi dans la nature
Par-delà les monts et les pâtures.
Explore les contrées sauvages
Les océans et les rivages.
Cours sur les routes et les chemins
le soir tombant ou au petit matin.

Erre et chemine dès l'aurore
Dans la rosée étincelante
Éclairée par l'astre d'or
Éphémère rivière si scintillante.

Voyage dans les prés
En toute liberté.
Traverse les champs de blé
Quand les épis craquent en plein midi
Qu'ils sont dorés sous le soleil ravi.

Flâne dans la luzerne verte
En évitant la si petite rainette
Qui se blottit tapie dans l'ombre
Se protégeant de la chaleur
Sous ce fourrage épais et sombre
A la recherche de fraicheur.

Marche dans l'herbe parmi les fleurs
Qui dansent toutes avec ardeur
La farandole du bonheur
dans l'air mutin et la chaleur
les mains serrées comme des sœurs.
Les pâquerettes en collerettes
Les violettes bien discrètes
Les coquelicots au rouge si beau
Tous ces bleuets en bleu foncé
Boutons d'or, jolis coucous,
Pissenlits, grandes jonquilles
Les myosotis sans artifices
Et la lavande en sarabande.
Sans se soucier du temps qui file
Elles ondulent toutes sous la brise
Comme un parterre multicolore
Qui se réveille dès l'aurore
dans un jardin aux mille senteurs
effluves légères toutes en nuances
que leurs fragrances et leurs couleurs
brodent et décorent avec bonheur

Voyage dans les chemins creux
Un bouquet de violettes au fond des yeux
Dans les andins, les fondrières
Comme s'il n'y avait plus de frontières
Longeant les buissons d'aubépine
Prunelles, framboises ou églantine
Et même des ronces ou des orties
Haies vertes, sentiers fleuris
Remplis de vie,de bruits, de gazouillis
Coucous des champs et boutons d'or
Parsèment l'herbe verte et drue
qui forme ainsi sur les talus
Le tapis le plus douillet
Que tes pieds pourront fouler

Voyage et vole dans les airs
Par-delà les monts et les cimes
A la poursuite de ton image
En entrainant dans ton sillage
Des papillons et quelques cygnes
Qui se poseront sur d'autres terres
Voyage et flâne sur l'arc-en-ciel
Il te conduira si tu le veux
Dans le pays des gens heureux
Où la pluie a goût de miel
Où les oiseaux pépient des mélodies
Où la vie n'est que charme et poésie.
Plane dans les airs
Pose-toi sur les cratères
Attendant que le feu jaillisse
Et que dans la nuit d'hiver
La lave ardente resplendisse.

Voyage sur les mers
A travers les océans
Parcourant les îles du pacifique
A la recherche d'une terre idyllique
Bien loin de tous ces coins amers
Même si tu le fait en errant.

Voyage dans les bois
Écoute le chant des feuilles
Qu'un léger vent agite.
Passe le petit pont de bois
Même s'il ne tient plus guère.
Le ruisseau qu'il traverse
Murmure et coule bien vite
Pour faire plaisir à dame truite
Qui sous la pierre dort et se berce.

Sur une branche file un écureuil
Boule de poils rousse avec houppette
Qui lance des coquilles de noisettes
Plutôt précis car il a l’œil
Dans l'onde pure du petit ru
Pour faire des ronds et ça l'amuse.

Voyage sans abri
Les vêtements trempés de pluie
Dans la boue, sous les ondées
Lorsque averses et giboulées
Annoncent ensemble avec fierté
L'apparition tout doucement
De notre ami le gai Printemps
Voyage sans raison
Voyage le nez au vent
L'écharpe flottant dans la risée
Pour t'indiquer la direction
Du grand chemin de liberté.
Voyage en toutes saisons
Sous une pluie battante
Ou dans la neige tombante.
Voyage dans le brouillard épais
Ou sous un chaud soleil d'été.
Dors à la belle étoile
Couché dans l'herbe rase.
Écoute le vent chanter
Dans les feuillages et les futaies.
Brunes, rousses ou presque blondes
Chutent en planant les feuilles d'automne
Douces caresses de la nature friponne
Entrainant dans leur sillage mélancolique
Toute la tristesse des jours enfuis.

Voyage jusqu'à l'horizon
Même sans jamais l'atteindre.
Voyage et hisse les voiles
Vers les nuées ou les étoiles.
Regarde le firmament
Adossé contre un arbre,
Ces soirs remplis de charme
Où l'atmosphère parait si bon
Qu'on ne souhaite pas les voir passer.

Voyage dans ta tête
Si ta valise n'est pas prête.
Voyage dans le temps
Ou dans tes rêves d'adolescent.
Voyage toute ta vie
A la recherche de l'infini.

Et si partir c'est trop concret
Il est facile de s'évader
Par la musique ou la lecture
Par l'écriture ou la peinture.

Dans ton esprit ou tes pensées
Tu peux créer, imaginer
Les voyages les plus fous
Explorations on ne sait où
En des contrées bien ténébreuses
Des aventures si merveilleuses
Semées d'embûches et de rencontres
Pièges, précipices et manigances
Pour les beaux yeux d'une jolie brune
Image floue devinée dans la brume.

Pourquoi te priver de ton imagination
Alors qu'elle peut t'inventer plein d'action.

A la fin de toutes façons
Tu verras bien, ça c'est certain
Que tu n'a droit qu'à l'aller simple
Demi-tarif ou plein-tarif
Il n'y a pas de première classe
Mais ça fait rien si tu es bien.

Et si tes rêves de voyages
Traversent peu de paysages
Car s'envolant dans les nuages

Si tous tes désirs d'évasion
Restent au seuil de ta maison

Si tes idées d'exploration
De contrées sauvages et de régions
Demeurent à vie dans ton blouson
Il vaut peut-être des fois bien mieux
En forêt se promener
Au bord d'un lac se délasser
Ou sur un banc se reposer
A regarder le temps passer
Que toujours vouloir partir
Pour un peu de dépaysement
Vers quelques horizons lointains
Sans même pour çà prendre le train
Et ne jamais revenir
Vers la terre qui t'a vu naître
Autrement qu'en souvenir.

Alors que ta campagne est si belle au printemps !

Voyage bien comme tu le sens
Sans même trop te retourner
Il n'y a pas vraiment de sens.

C'est pareil pour les regrets
En avoir ne sert à rien
Nul ne revient sur ses pas.

Vies ta vie comme tu le peux
Même si t'aurais voulu mieux
Car tu ne sais pas franchement
Si tu l'aurais fait vraiment.

Et retiens seulement ces quelques mots
Que te crie parfois l'écho
Ils sont bien car ils sont chauds
Ce sont eux qui te font vivre :

Tu es libre !
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Albane Charieau · il y a
Un joli plaidoyer pour la flânerie, la rêverie. une ode à la vie, un vrai moment de fraîcheur
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Doc Pavo · il y a
j'aime beaucoup votre commentaire :)
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Doc Pavo · il y a
Merci beaucoup 😊
C’est exactement l’impression principale :)

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Françoise Desvigne · il y a
Magnifique ! Un poème vivifiant !
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Cynthia Maillot · il y a
J'adore !
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Doc Pavo · il y a
votre commentaire me touche beaucoup; merci beaucoup

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