Voile

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Au matin, dans l’aube encore blême,
Le soyeux paréo a déployé ses ailes moirées
Et pris majestueusement son envol
Libérant ses ravissantes couleurs.

Surpris, l’oiseau au long bec
A regardé s’éloigner le voile léger
Il a un temps observé le parachute irisé
Puis dans l’ombre d’un palmier écrasé de chaleur
S’est réfugié.

Un soleil noir inonde les sables dorés
Au loin retentissent le chant lugubre de la hyène
Et la voix plaintive d’une gazelle blessée.

Le ciel coloré de rose salue
La venue proche du crépuscule
Les collines aux seins rebondis frémissent
Sous la caresse d’un souffle léger
Peu à peu, une brume éthérée recouvre pudiquement
Les flancs harmonieux du mamelon sacré
Sur lequel flottent des tresses de sable blond.

Une rare végétation, subtile, invite le regard
Qui se perd dans l’imaginaire
Le rêve de baies accueillantes
Aux chaudes vagues serpentines
Se brisant dans un râle à moitié étouffé
Contre le rocher saillant.

Et s’exhalent de savoureuses fragrances
En une polyphonie de couleurs
Qui embaument l’atmosphère.
Sous les auspices des entités célestes
La tempête un temps déchaînée
Pousse un dernier cri, enfin apaisée.
Dans l’infini manteau d’une nuit langoureuse
Sous un ciel constellé d’étoiles bleues
Le rivage, inondé de plaisir et d’écume,
Plonge dans un sommeil extatique.

Mais la brume se dissipe
Le voile se déchire
Vacille la flamme
Révélant l’absence.
Dans le secret de ses yeux mi-clos,
Mon âme éperdue d’amour
Avait cru lire bienveillance et tendresse.

Et me retrouve seul et désemparé face à ma solitude.

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