Vincent Van Gogh et la fée albinos

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Une fée albinos en son château d'argent
Aux mille et une fenêtres embrassant le ponant,
Redoutant du soleil la cuisante morsure,
Quand il fut au zénith fit clore les ouvertures.
Mille volets furent tirés et mille rais de lumière
S'y retrouvèrent pincés de solide manière.
La course du soleil fut bloquée dans les cieux :
Une improbable main lui happait les cheveux.

L'astre roi outragé, devint jaune orangé,
Il frémit, il enfla comme un lait safrané.
Son disque se plissa, se rida, ondula,
Sa cuirasse céda et vola en éclats,
Éclaboussant le ciel d'un prestigieux enduit
Profond et tourmenté de lapis-lazulis
Fondus dans les creusets d'un sorcier exalté.
L'empyrée bourdonna du soupir des damnés.

Comme des oisillons dans le nid affamés,
Un champ de tournesols, en cohorte assemblés,
Cyclopes attentifs, pétales écarquillés,
Considérèrent la scène d'un regard affligé.
Un olivier placide, centenaire éreinté
Par aride chaleur et prodigalité,
Dressa tragiquement ses branches déformées,
Implorant bienveillance et magnanimité.

Fugace diablerie ? Vision hallucinée ?
Le regard de van Gogh en fut tourneboulé.
Des rayons arrachés il se fit un pinceau
Et peignit pour la fée des couleurs en cadeau.

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Les Histoires de RAC · il y a
Original & coloré ♪ Flamboyant même ♫

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