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Untitled ou la destitution

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Puis-je vraiment me permettre d’écrire cette histoire ? Serais-je fidèle à qui tu étais, à qui j’étais ? Avons-nous été un nous ? Qu’est-ce que l’amour ? Toutes ces questions ont traversé mon esprit tant d’années.
Toutes les questions ont-elles la prétention d’avoir des réponses ? Sont-elles satisfaisantes ? Sommes-nous capables de les entendre ?
Je me souviens. De toi, de moi. Je me souviens du premier jour. C’était la rentrée, j’étais en retard. Pleine d’espoir, je me demandais ce que me réserverais cette année-là. Plutôt qui elle me réserverait. C’est comme cela que j’imaginais les choses : tout viendrait à moi. Tu viendrais à moi ?
‘Who the fuck are you?’, she said, ten years later.
Je ne te connaissais pas et pourtant, je t’imaginais déjà. Dans cette classe, je te voyais, te remarquais. Je n’aimais pas vraiment ce que tu dégageais, mais tu m’intriguais. Tu disais mettre plus de sel pour compenser le sucre que tu mangeais. C’était idiot mais ça me faisait rire. Tout à coup, je n’étais plus juste la nouvelle, j’existais. Tu me regardais. Tu voulais que l’on soit amis. Tu en poursuivais une autre. Je ne me sentais pas tellement à la hauteur. Je n’étais personne, tu cherchais quelqu’un.
On s’est aimé je crois. J’ai aimé le croire. Je croyais beaucoup de choses. Je croyais en beaucoup de choses. L’amour au premier regard, l’amour qui répare, l’amour qui sauve, l’amour qui rassure. Tu ne croyais en rien, c’était ta force, je l’admirais.
W, 17 ans, trop de gel dans les cheveux, des pulls R-G et du Kid Cudy dans les oreilles.
Wi, jouant aux échecs et Comptine d’un autre été au piano.
Wil, doux et tendre.
Will, violent et cruel.
Willi admiré.
William.
Certains parlaient d’une obsession de ma part. D’autres me mettaient en garde. Je n’ai jamais écouté personne. Seulement ce que je ressentais. Ma plus grande faiblesse, avant toi. Achille et son talon. Adeline et les émotions.
Est-ce que tu penses à moi parfois ? Est-ce que tu regrettes comme les gens ayant déjà expérimenté le regret ?
Je t’aimais. Toi aussi. Tu me le disais. Je le ressentais. Pourtant j’étais déjà trop « gentille », trop « conciliante », il fallait que je me renforce. C’est ce que tu me répétais. Puis je suis devenue « folle ». D’amour, de jalousie. Mais tu aimais quand je m’énervais, quand je me battais pour toi. C’est ce que tu disais. J’ai honte. D’abord de moi, puis surtout de toi.

Je croyais. Je croyais que si je me battais fort, tu m’aimerais encore plus fort. Je croyais que si j’étais parfaite, je deviendrais digne de ton amour. Je croyais que si je changeais, ça marcherait. Je croyais que si je devenais une autre, tu me verrais. Je n’étais personne, c’est ce que je croyais.
Des kilomètres, c’est ce que tu parcourais pour me retrouver. Des kilomètres, juste pour moi. Des kilomètres, c’est ce qui nous séparait. Des kilomètres, ton excuse. Des kilomètres, qui ne pouvait me protéger.
Est-ce que j’ai cédé un jour ? Est-ce que je me suis soumise à toi ? Cette question m’a hantée. Quelle était ma responsabilité dans ce petit jeu sadique que tu jouais.
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