Une Nuit d'Octobre

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Auteur amateur de 26 ans qui trébuche, rate, tente, recommence... Qui fait de son mieux pour donner corps aux idées qui se bousculent dans sa tête. Espérant vous distraire un peu au passage.  [+]

Image de Hiver 2021
Cloîtrés dans nos cellules, à l’abri,
Cernés par la peur, la haine, la folie,
Tandis que l’insomnie s’éprend de nos yeux,
Nos mains s’entrelacent en quête de répit,
Sur une valse de mots engourdis.

Nos premiers traits qui esquissent,
Maculent nos habits blancs, ils rougissent,
Des tâches ocre, odeur d’automne,
L’ivresse et la pudeur qui se cognent.

Puis les doigts brûlant d’émotion,
Des cendres s’alignent à profusion,
Et dessinent la partition de nos cœurs,
Des lettres assoiffées de bonheur.

La plume poursuit ainsi sa course,
M’émaciant de son aiguille mousse.

Car enfermés dans nos cellules, à l’abri,
De toi, et pourtant à ta merci,
D’acteur quand j’apparaissais fier,
Des coulisses, je soupire des prières,
Un deuil pour chaque vers que j’écris,
Des cadeaux, fragments de ma vie.

De petites étoiles pendulent devant moi,
De la poussière qui s’égrène sur le papier,
J’enlace mes démons en partageant ma joie,
Celle de goûter tes paroles clairsemées,
Sur des pages crevant le vide entre nous,
Un parfum timide, avide, aigre-doux.

Car perdus dans nos échanges nocturnes,
Les notes fêlent nos encombrantes urnes,
Peu importe le passé qui n’est plu,
Peu importe le futur qui n’est dû.

Les lettres soignent leur cadence,
Des rêveries rythmant notre transe,
Nous leurrant de notre présence.

Et libres dans nos cellules, en sursis,
Les plaisanteries brisent les fenêtres,
D’une larme, un sourire fleurit,
D’une risée, un duel par nos sceptres.

Nos peaux qui frissonnent à chaque syllabe,
Nos corps qui se blottissent dans une virgule,
Nos baisers qui se lisent sur nos galbes,
Et nos caresses sur feuille qui ondulent.

Tandis que la valse tourbillonne,
Que les ténèbres s’abandonnent.

Mais l’aube pointe la fin de cette délivrance,
De sa rosée, s’évapore déjà notre diurne errance,
Je plains cette journée qui nous engonce,
Pauvre interstice, pâleur travailleuse,
Attendant que le crépuscule s’annonce,
Pour retrouver notre rime rieuse.

D’une simple lettre d’octobre,
Nous chantant un bonheur opprobre,
Alors que le monde est à l’agonie,
Nous restons heureux enlacés dans nos écrits.
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