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Un peu de vécu...

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Je me souviens d'un passé un peu lointain où nous avions affronté une vague scélérate.
Pourquoi ce nom ? Est-ce sa faute?
Non!
C'est nous qui la nommions ainsi, la pauvre...Elle ne faisait que son boulot.
Il n'empêche que cette nuit-là, une crête blanche arrivait vers nous (petit bouchon sur l'eau) d'une hauteur estimée à 27 ou 28 mètres.
Le gars avec moi à la passerelle me serra la main avec ces mots: on pass'ra pas là!
Salut Yan!
Salut à toi aussi! Mais tu sais...
Oh, ta gueule !
Ok...
Je ne ressentais aucune peur. La mer est ma Maman, ma douce et tendre, ma violence, mon orgueil. Celle qui vient me remettre en place les idées lorsqu'elles se mettent à divaguer. Celle qui vient te dire en submergeant ton lieu, as-tu donc peur de moi ? Alors, frissonne un peu. Frissonne si tu veux, mais ne crois surtout pas que tu es le maître des lieux...Oui, je vais te faire mal, te secouer les puces! Tu vibreras encore lors que mon calme revenu, tu penseras alors, j'en suis sorti vivant! Est-on plus vivant après telle rencontre? T'en parleras encore bien des années plus tard, mais seulement à toi. Sinon qui donc pourrait croire que cette nuit-là, je t'ai laissé chevaucher l'infini ?...Je t'ai fait voir le vide, ma puissance et la mort pour que tu puisses aimer la vie !

"LA RUGISSANTE"

En haut de la vague, la blanche écume,
Peut paraitre si belle, féline indomptée,
Mais quand elle se renverse et vient vous rencontrer,
C'est la mer toute entière qui gronde et qui fume.

Peur de quoi? Est-ce Dieu qui se fâche?
N'ai-je donc point prié sous tes coups de boutoir,
Fermé les yeux souvent, ta colère sans espoir,
Retombait au matin comme sur le cou la hache.

Te voir si apaisée n'était qu'une pauvre trêve,
Redoublant de fureur, tu rugissais ma belle,
Heureusement pour moi, dans mon sang le sel,
Coulait comme en l'arbre coule sa propre sève.

Et ces moments enfin où tu te faisait lac,
Permettant le repos de nos corps meurtris,
Certains voyaient le ciel comme un signe béni,
Moi j'attendais serein ta prochaine attaque.

Je t'ai quitté la belle, amante des marins,
Je regrette souvent le vert de ta colère,
Tes lames rugissantes et tes abysses verts !
Reste des souvenirs jusqu'au creux de mes mains...

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Flore · il y a
Vous pourriez dire "J'ai mal à ma mer"...Les regrets malgré les difficultés...et le même amour que celui pour une mère. C'est magnifique cette association de prose poétique à un poème.
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Lézin Zouhln · il y a
...intéressants ces vers de vrai marin au coeur de cap-Hornier...
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Yannick Detraissan · il y a
A ne lire que par des personnes n'ayant pas le mal de mer...
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