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Plus très jeune femme cherche l'Unique,
Le Mâle ultime pour son cœur en kit.
Comme un container à la mer, cette supplique
De l'âme anémique jamais ne me quitte.

Du lever au coucher, et du coucher au lever,
Tel un mantra, une prière, une formule magique,
Agenouillée devant tous les dieux et leurs reliques
Je ressasse sans cesse ces simples mots en secret.

Soudain : le Miracle ! Mon Messie m'apparaît !
Chevauchant son scooter blanc, baigné de soleil,
Il vient m'arracher à la misère des pavés
Et me délivrer de mon si long sommeil.

Il poétise, il devise, parle d'un voyage à Venise,
De la volée des cloches un samedi à l'église,
Des ponts que bâtiront les liens de notre passion
Qui seront les éternels témoins de notre union.

Je reste béate, abasourdie par ma chance,
Le cœur écarlate de tambours battants,
Étourdie par le flot des promesses de mon amant,
Mais persuadée du succès de notre alliance.

Dîner au restaurant pour nos fiançailles ;
Champagne et mets divins ornent notre table.
Il plonge sa main dans sa veste, je tressaille ;
D'un geste brusque, il en sort son portable.

Abattue, abrutie, je demeure là sans comprendre ;
Pourquoi Lui, mon Prodige, mon Absolu,
Celui qui d'habitude déborde de mots tendres
Est tant absorbé qu'il ne me regarde plus ?

Je vois son index virevolter sur l'écran
Son visage noyé de lumière électronique.
Son sourire niais, ses yeux apathiques
Me replongent dans mes angoisses d'antan

Quelle compagnie digitale peut-il préférer
Plus que la mienne la nuit de nos promesses ?
Qui peut bien le charmer jusqu'à pixelliser
Le monde réel qui l'entoure, et qu'il délaisse ?

Je trépigne, je rechigne, enfin je m'indigne
Devant le peu d'empressement de mon Himalaya.
Lui minimise, dédramatise, blâme ma paranoïa
Puis s'amuse de notre première dispute bénigne.

Et il enchaîne les swipes, les likes, les tweets.
Je le bats froid, je le bafoue, je bats en retraite.
Agacé, empressé que mon scandale ne s'arrête,
Il pose son jouet écran à l'air, la mine déconfite.

Silence. Mon regard glisse de l'objet du délit
À celui de mon désir, lui intimant de choisir.
Mon Infini invoque un état d'urgence fortuit
Qui, dans la seconde, lui imposerait de réagir.

Je vois ses doigts pianotant nerveusement
Se faufiler, se glisser jusqu'à son Eldorado.
Ses ongles sont acérés, parés à l'assaut.
Je tente une diversion en souriant tendrement

Lueur bleutée, sa main s'abat, rompant la trêve.
Ébranlée, je vois ainsi mon rêve qui s'achève.
Adieu les cloches, l'église, plus la peine que je feigne ;
Venise était trop loin pour que l'on l'atteigne...

Je m'en vais retrouver ma vie en solitaire
Avec les gravats de mon cœur à remblayer.
Je me lève et pars, sans qu'il ne me voie faire
Lui laissant mon souvenir et la note à payer.

PRIX

Image de Été 2019
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Valerie Rosier · il y a
Ben en voilà une qui n'a pas perdu grand chose ! Bien tourné, et tristement drôle !
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Hector · il y a
Dommage, il semblait si bien. .. peut-être un peu trop 😉
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Vincent Zochowski · il y a
Mes voix pour ce poème tout en longueur, original ;)
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Virgo34 · il y a
Heureusement, vous ne l'avez pas payée, la note. Quel goujat !! Mais quel humour ! (déjà dans le titre...)
Je suis pour ma part sur mon 31, en finale du Prix Ô, et je vous invite à aller le lire.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/lavenement-de-la-lune

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Alain.Mas · il y a
Beaucoup d'humour dans cette histoire, mais je suis vraiment désolé pour la dame.
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Poete Intranquille · il y a
Quand un amant cesse d’être votre amant il ne l’a jamais été (ou n’aurait peut être jamais du l’etre!)
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michel jarrié · il y a
Ne soyez pas désespéré, il y a tant de beaux gosses à S.E (écartez moi du lot) prêts à escalader les gravats pour venir vous rejoindre portable en main.
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