Tout ce qu’on a vu quand on a fermé les yeux

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On a vu des cercles de feu,
Crachats d’un fakir fou,
Des braises sous les pieds,
Des sabres dans le dos.
On a vu des hommes et des femmes
Des hommes et des femmes,
Des femmes et des hommes.
On a vu beaucoup d’hommes en colère,
Crier, parler,
Ne plus pouvoir parler du tout.
On a vu la femme d’à coté perdre son travail,
Un jeune homme plein d’espoir
Tenter quelque chose.
On a vu des plieurs de tôles,
Des vendeurs de journaux,
Des charmeurs de serpents.
On a vu la vie et la mort se côtoyer quelques minutes,
S’aimer puis se séparer,
Et on a oublié les deux.
On a vu un grand drap heureux
Couvrir les plaies béantes,
Et les plaies rougir le drap et le drap s’envoler,
Tournoyer dans le vent,
Et le vent l’emporter.
On a vu des gens et des juges,
On a jugé des gens,
Jaugé les juges.
On a vu des gens embrasser
D’autres gens,
Des serpents géants,
Et les limites impossibles d’un ciel sans fond.
On a vu un corps défoncé,
Décharné,
En morceaux,
Essayer de se reconstituer,
En vain.
Et une main attraper les morceaux et jongler avec,
Fourchette,
Couteau,
Et une bouche se refermer sur eux.
On a évité le meilleur.
On a frôlé le pire.
On a aperçu la vie dans nos rêves.
On a vu des yeux sans pupilles tenter de nous hypnotiser.
On a vu tout ça.
On a vu bien plus.
On était de moins en moins surs.
Tu m’as regardé,
Tu n’as pas su quoi dire.
Et on a fini nos sandwichs et éteint la télé.

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