Toujours est-il

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La vie qui nous laisse réaliser qu'elle n'est pas assez longue est trop longue  [+]

Je me laissais aller parfois,

Louvoyant dans la nuit...

La nuit – si supérieure au jour...

Mais cela ne veut rien dire.

Ou peut-être que si...

Que ça veut dire un peu...

Un peu pour moi...

Je n'aurais jamais dû voir le jour.

Une nuit de juillet...

La nuit a quelque chose que le jour n'aura jamais.

Mais la nuit est l'envers du jour,

Et il en est la condition de possibilité.

Mais, encore une fois, cela ne veut rien dire.

Je me laisse aller à la nuit,

Et c'est tout.

Ça suffit.

En tout cas ça devrait...

Séléné me contrôle, me possède, me fascine, me captive...

Je me laisse baigner par ces ombres blanches dévidées dans mes yeux,

Oubliant l'heure un temps,

Oubliant le temps quelques heures,

Oubliant l'espace, presque...

Je veux tomber au plus profond...

Et que ma chute soit belle...

Et que je ne m'en relève jamais...

Jamais...

Comme ces heures perdues...

Perdues...

Perdues...

À jamais perdues...

Qui continuent à m'habiter,

Jusqu'à ce que des asticots mangent mes souvenirs...

La nuit me lave du jour.

Mais la nuit rend la lumière salvatrice.

La nuit donne son sens à la lumière.

Mais cela ne veut rien dire.

Je me ballade toujours et m'arrête sur un banc.

La nuit n'est plus aussi pure qu'avant,

Polluée qu'elle est par les monstrueux rejetons de l'homo faber,

Mais elle est toujours plus pure que le jour.

Dans la nuit seulement,

La perspective d'un monde meilleur m'apparaît.

Toujours est-il que je dois mourir.

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