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Ton visage

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Joel Talbourdet

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La pluie se décompose en mille gouttes d'or
Gouttes volantes à la Goutte d'or
Gouttes en suspens, regards en suspens
Gouttes qui viennent à composer ton visage
Et décomposent notre amour
Ce visage qui volait au-dessus de la terre
En mille gouttes d'eau, mille atomes
Mille petits écrans plats qui nous font du plat
D'origine cosmique, pas de chez Cartier
Non, loin des beaux quartiers
D'orange ou de lune rousse
Qui viennent à composer ton visage
Ce par quoi j'existe, ce visage, le tien
Celui qui volait, celui qui tremblait
Et que je ne voyais pas
Celui qui volait en mille gouttes d'eau
Mille petits mondes volatiles qui forment ton âme
Et s'accrochent à la vie en un subtil mélange
Qui me vient autour, me tourne et me retourne
En rondelles, en ronds de serviette et en ronds d'elle
Rondelles et rondeaux dans mon assiette
Ronds d'ailes et ronds dans l'eau
Rondels et radeaux sur quoi je m'embarque
Pour de vagues naufrages où me noiera ma barque
Moi qui attends le prochain pont
Pas d'Iena, il est déjà pris, mais plutôt
Mirabeau-coule-la-Seine, Mirabeau-coule-la-scène
Qui accomplira cette déchirure qui à ma peau
Va comme un gant et sur elle flotte comme un drapeau
Lequel va remplacer mon coeur mis en enfer
Mis aux fers par Lucifer en personne
Coeur que je soulève comme un fardeau
Qui pourtant ne veut plus battre que pour toi
Crois-moi, regarde mes bras mis en croix
Est-ce assez pour que tu me croies?

Au milieu de cette gare froide et humide
Un vrai décor de gare postale
Je m'éternise comme une triste pyramide
Car le train a pris du retard, un de plus
Un condamné d'amour s'est échappé
Et j'attends un train plus long qu'un jour sans toi
Qui n'en finit pas de ne pas arriver
Quelquefois y en a qui se surpassent...
Et qui me délivrera de mon Alcatraz
Sans que j'y aie laissé aucune trace
Mais j'en redemande, mon amande
Ma fleur d'eau, mon ennemie
Ma fleur d'aubépine, ma porte océane
Tu peux venir, je pars sans crier gare
Je pars, petit animal meurtri, coeur en cavale
Qui va bientôt rouler sur les voies de Paris
Je pars, nous ne nous verrons plus
Ou bien nous nous épierons
Cachés derrière les rideaux
Regrettant notre eldorado
Nous nous contenterons désormais et à tout jamais
De respirer à nos fenêtres accrochés comme à des barreaux.
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