Sur la côte bretonne

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Publications : Les Racines de l’aube (Encres Vives) 1966, En Communion avec les Éléments (Flammes Vives) 2010, Dans la ville au bord du fleuve (prix Paul Fort 2011 – Les Poètes du dimanche)  [+]

Image de Printemps 2016
Je parcours à la rame une mer sans limites
Pour atteindre, à la nuit, un horizon sans bornes.
J’erre dans l’univers muet où j’adhère à l’espace.
Pour échapper aux flots, je regagne un rivage
Accueillant qui s’étale le long d’un flux paisible.
Avec simplicité, cette mer se déploie
Sous un ciel renfrogné dont elle réussit,
En rusant avec grâce, à voiler le soleil.
Dans sa main, aux longs doigts, elle brandit sa lame
Qui peut profondément entailler une côte,
Découper une tranche à la chair du rivage
Qui porte une blessure au flanc de sa courbure,
Dans la baie où le vent caresse les remous.
Je voudrais déchiffrer les rêves de ses eaux.
Vais-je, vagabond sans but et sans contrainte,
Me délivrer enfin des souvenirs anciens,
Quand mon regard charmé couvre une telle ampleur
D’onde et de brise aux bords des ténèbres que frangent
La jetée où je vois monter le soleil ou la lune,
Quand l’embrun s’emparant de mon être en attente,
M’imprègne jusqu’au cœur de l’odeur des goémons
Qui couvrent les rochers sur lesquels mes pieds glissent ?
Au moment où la mer relève sa paupière
Sur son œil transparent et dirige vers moi
Son regard qui me prend dans son bleu abyssal,
Je revis des instants d’une émotion intense,
Le jusant balafrant avec rage une grève
Qui ressuscite en moi toute une vie passée.
Le sable en son mutisme a gardé des secrets
Que j’avais partagés avec lui en ces temps,
Quand le flot purifiait mes désirs pour créer
Un décor enchanteur aux couleurs perpétuelles.
Imprudemment, j’enroule autour de mon poignet
La boucle d’une vague encore bien tranquille.

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