Sonnet pour Bacchus

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Certainement un instant printanier
Peut-être une seconde suspendue hier
Certainement près des vignes enchantées
Entourées de sapins, de grimpants lierres

Je ne saurais dire l'exact moment
Ou j'ai pu ouïr avec délectation
La prose rimée de cet être truculent
Qui de sa belle voix dévora ma raison

Depuis, je le confesse, j'ère, au supplice
De ce griot infernal
Dont les accents volubiles m'entraînent vers les abysses
Et fait choir mon âme dans le gouffre des Bacchanales

Moi qui chérissais les mondaines instances
Je n'y ouïe, aujourd'hui, qu'inutiles jactances
Une frénésie labiale de placotage verbal

Du bagou ? Pour sûr ! Moins on en a, plus on l'étale
Ohé ! Ohé ! Honteuse bacchante que je suis, j'ai cédé
Car en moi, tu fais naître un émoi, une petite mort susurrée.
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