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Solidarité

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Peter Reijnen

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Un matin,
Bien assez tôt,
J'emmenai les garnements de mon garnement,
La progéniture de ma progéniture,
Les enfants de mon enfant,
A leur internement scolaire journalier obligatoire,
C'était un lundi matin...

Pour apaiser leur douleur,
Dans le moderne carrosse,
Nous écoutions bien fort,
Comme d'accoutumé,
Quelqu'album musical onirique et décalé.

Comme le songe fut brisé,
Quand nous vîmes la grâce amputée,
D'une biche blessée...
Elle courait le long d'une clôture barbelée,
Avec son alter ego, de l'autre coté.
Peut être une soeur, un frère, un compagnon?

Sa patte avant, en son milieu, ballotait à l'équerre.
Ainsi diminuée, elle avançait maladroitement,
Sur ses trois membres restants.
De l'autre côté de la clôture,
Son congénère suivait ce triste cheminement....

Il est vrai que la veille,
Fût perpétré une fameuse partie de chasse...

Régulièrement, l'animal blessé, sa tête retourna,
Étions nous des malveillants?
Les barbares de la veille?
Au bout d'une douloureuse poursuite,
Le frère, la soeur, le compagnon,
Traversa l'ignoble barbelé.
S'en suivit quelques foulées à l'unisson,
Puis un peu plus loin,
Une brèche opportune,
Fut l'occasion d'une belle échappée commune,
Nous laissant, tous trois pantois,
Mais avec le coeur brisé,
Lucides et conscients,
De cette improbable vision,
De deux animaux, si solidaires.

Comme l'humain aimerait pouvoir l'être,
En de telles occasions...

Le frère, la soeur, le compagnon,
Aurait pu lâchement se défiler...
Quand bien même,
Le noble animal choisit,
L'unité.

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