Si peu de chose

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" Ecrire, c'est une respiration " (Julien Green) " Ecrire, c'est se taire. C'est hurler sans bruit." ( Marguerite Duras) " C'est écrire qui est le véritable plaisir, être lu n'est qu'un  [+]

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C’était avant-hier, c’était il y a vingt ans…
C’est si proche et si loin
Enfants ou centenaires, les défunts n’ont pas d’âge,
Leurs visages se figent sur de pauvres photos,
À peine ont-ils encore un peu d’identité.

C’est la vague d’échos qui implore la nuit,
Un rêve visiteur réveillant les consciences,
Le passant fugitif de mémoires incertaines.

Si atroce soit la déchirure,
Impassible, le temps suture les blessures,
Ce mal, qu’on s’était dit ancré à jamais dans nos chairs,
S’apaise, s’assoupit,
Emporté par les ombres.

Quels sont nos souvenirs de ceux qui gisent en terre ?
Dans quelles mémoires se sont-ils imprimés ?
Celles d’une génération, de deux… peut-être…

Une autre a pris naissance et s’efface l’ancienne,
Comme s’effacent les noms gravés sur la stèle,
Érodée par le vent et le gel.
Qui donc étaient-ils, ces aïeux inconnus
Dont on garde si peu de traces ?

On les oublie bien vite, les simples gens sans grade.
Ils ont bâti des vies, fait mille projets,
Ont connu des tourments…
L’Histoire a tout broyé,
Un souffle de poussière est leur piètre vestige.

Crois-tu aux esprits qui s’étreignent
Dans l’infini mystère d’un au-delà fuyant ?
Crois-tu au Paradis ?
Quand s’étire la nuit, les lumières s’éteignent.

Si les terreaux à venir font germer de nos âmes
Quelques graines de hasard,
Si lierre ou chèvrefeuille, liane à liane tressés,
Un jour, nous embaumons de discrètes senteurs
La langueur des dimanches,
Qui songera à nous ?

On est si peu de chose…
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