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Anarore

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L'âme a chanté au Matin.
« Allez...allez...allez ! »
La Saison a passé, bue au goulot des valeurs surannées : la race barbare s'est éteinte.
Ces frères aux chevelures flamboyantes, l'acier brillant à la main,
Ces peaux métissées de sang, de poudre et briques,
Tous s'en sont allés.
L'errance, enfin.

J'ai écarté les roseaux charmés de l'Asie, grisée par leur recherche. Du roseau, il ne m'est resté que Leur odeur, et les plaies sur mes mains dénudées. Leur sang ne m'a pas ouvert l'Enfer.
Debout prés des marais, j'entrevois la paille et le foin dans l'ombre : l'eau les a noyé.
Sur le rivage d'en face, le poète s'est arrêté. Il fait Nuit.

Le regard posé au loin, le bruit des épées lui rapporte la prochaine croisade.
La boue déjà a fixé ses pieds ; d'une main tendue il désigne l'aurore, les épaules secouées de Sanglots. Les plumes à ses pieds se dispersent, substituts graciles des papiers mordants.
Soudain le Silence,

La bouche d'ombre l'a avalé.

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