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Se faire aux fers offerts ?

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Il faut s'y faire,
même si ça vocifère,
les grosses ficelles qui apparaissent
nous dépucellent par la paresse,
c'est l'heure des choix,
l'honneur déchoie,
mouvement de glotte et la salive s'avale,
je reste dans la grotte, l'envol est un dédale,
j'y trouve mon compte,
la banque est prompte à me donner raison
si j'empile les saisons.
Peu motivé par le destin,
mais peu enclin pour le déclin,
reste les festins,
nous festoyons frivoles jusqu'au levant,
pour oublier qu'on dégringole au devant
d'un avenir plié qui s'étiole décevant.
Pourquoi s'en faire ?
Pas mes affaires !
Ils sont si fiers de vivre hier,
nous mettre aux fers,
tuer les cultures vivrières
pas les prières pour faire oublier cet enfer,
moi je m'enferme et j'y tiens ferme,
je me protège pour rien du tout,
leur jeu de dupes vaut pas un clou,
la masse est nulle, et la muse, lasse, inhale hélas
quelques délices élimés mêlés de crasse.
Rester en place pour faire son trou,
un truc modeste pas d'ambitions,
je m'admoneste pour rester fou,
des convictions toutes plus floues sans prescriptions.
Ma description, un feu, un loup, un peu faux grâce au loup.
J'y perds des lubies,
trouve des alibis,
mes amis l'ont dit trop de salmigondis.
Trop de salves de on-dit,
trop de ça trop de si.
L'ordre ment,
élimé malgré les ornements usités,
les questionnements suscités illégitimement cités,
et comme ici on déroge à l'obligatoire
on subit les commissions rogatoires,
quand d'autres aux avoirs détaxés rendent des aveux de foire, relaxés.
Faut baliser ?
Non focaliser
pour ne pas s'enliser,
sans lisser les contours viser son seul parcours.
Laisser les chiens à courre, trouver une autre voie,
et si une autre fois blessés ils sont à court,
c'est pas moi qui accoure pour leur donner ma voix.
Les politiques s'épaulent et tiquent quand on leur parle éthique,
enfilent des perles ethniques,
nous refilent leurs mimiques,
nous croient dupes de plein-pied,
de pain et de papier calligraphié doré,
pour miser sur des jeux chorégraphiés,
des « je » qu'auraient gaffé, oui !
L'individu imbu qui veut son dû,
le flou des égos,
comme le flot des égouts,
emporte en pestilence vers une épuration nos espérances et nos passions,
mal nourries de rations rances,
transe de nation,
on panse des frictions qui sont de denses fictions,
et je pense à ma miction plutôt qu'à ma mission, avec prestance même !
Même si on me prête des stances aux pulsions,
qu'on nous traite aux pressions avec insistance,
délation pour de la pitance,
ma pitié pour cette engeance me délasse,
j'attends que ça passe, en toute amitié.
Dans mon coin point de soin par les poings,
parler point.
Ça ne mène pas loin même quand j'en fais tout un foin,
alors je m'oins au cas où mon trou serait un moyen pour qu'on m'amadoue,
et Marianne je m'en fous.
Je m'en fus trop de fois vers les fois futiles,
hâtives et mal bâties,
maintenant je me blottis,
mon foie est mal loti,
parfois j'ai mal aux tifs,
je cherche du furtif,
en fuite sur frêle esquif pour esquiver le fautif,
rester pensif en s'abritant des poncifs qui calent,
comme le passif pontifical.
Le pont ici, la cale en bas,
entre les deux une antre laide où l'entraide lutte.
Se recentrer sur l'essentiel,
l'essence dans le ciel est concentrée,
mais je sens trop l'aisance, ce fiel qui me tiédit,
je me conforte quand je médis car méditer n'est pas mon fort,
trop d'intérêt rieur en mon for intérieur
pour abandonner mon confort de terrien
né sur le terrain déminé par les anciens
sans qui t'es rien.
Se faire lucide c'est pas l'usine,
ça se décide,
et ça élude quelques idées,
c'est le prélude auquel céder
pour ne pas se célébrer en décervelé qui ébruite son ébriété.
Un peu de rage mais peu profonde,
peu de courage pour une fronde,
comme une envie de commune ravit par une comète dessous la lune.
En fait le souhait qui sied c'est pas le fouet même si floué,
c'est pas la foule, moi je m'assied même dans la houle,
c'est plus un soyeux soir sans bruit,
ou un matin un peu brouillé,
un jour qui passe un peu brouillon,
un félidé qui se prélasse dans le salon.
C'est une accalmie que j'acclame et à qui je déclame ma flamme,
c'est pas la calamine à qui je décerne la palme.
Bien voir en face dans le miroir,
sans faux-semblant dans ce mouroir,
sans faux-fuyant mais mots à rire,
ou à rêver un peu moirés,
et qui revêtent un peu de moi.
Ce drôle, ce faux rebelle aux abois dormant.
Pseudo esthète de l'art.
Bonze de bazar.
Qui accapare une once de vos heures rares.
Bonsoir.
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