Rouge

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Quel est ce cyclone qui n’épargne personne ?
Qui, tel un dragon, souffle sa flamme urbi et orbi
Qui se déchaine et se gausse autant des gosses que des vieillards
Qui déverse sur la planète le désespoir
Moi, misérable créature pleine de souillure
Débout sur cette terre que ma génitrice aux cheveux grisonnants
Vient de quitter
Glandant à tout bout de champ tel un éthylique
Radotant du haut de ma trentaine en peine
Esquivant toute excuse trouvant un sens à cette vie absurde
Cette vie que la Covid-19 menace d’emporter
Avec autant d’amalgame et d’impasse
Cette vie ... limbes, purgatoire ou exutoire ?
Et cet intérêt soudain pour l’eschatologie est-il un espoir ?
Dans le pire moment du désespoir renait une lueur d’espoir
A croire qu’elle est destinée à éteindre toute velléité de suicide
L’espoir n’est-ce pas un brin sécrétoire de victoire ?
Qu’un virus minime nous prive de la fureur de vivre
Qu’il étende ses tentacules dantesques
Qu’il nous cloitre en famille avec solitude psychotique
Qu’il titille les loups que les nécessiteux lésés pendent en effigie
J’aurai aimé être assommé par le soleil, la lune et la galaxie
Que d’assister impuissante au décès de ma génitrice
O Covid-19 si seulement tu connaissais le sel et le sucre de son âme
Tu te serais agenouillée devant sa candeur, surprise
Sur la terre se trouvent les montagnes
Dans le firmament scintillent la lune et les étoiles lumignons
Sous les pieds de ma mère git mon paradis hardi
Ô destin cruel, je n’avais qu’elle
Et c’était elle qui remplissait mon univers
On dit qu’un Homme est orphelin quand il perd son père
Un mammifère l’est lorsqu’il perd sa mère
Moi, mammifère orphelin égaré dans le désert de l’univers
Criant détresse dans le couloir des cœurs
Paumée, ballotée et entrainée comme les nuages sous l’orage
Narguant les corrupteurs et les débauchés avec rage
Ces derniers caracolent dans le sybaritisme au lieu de payer
Ils payeront de leur éternité de cette inhumanité
Esseulée et acculée à cette maladie à coronavirus
Qui a encore dans le gosier le cadavre chaud de mon flambeau
Et dans sa tête de passoire prévoyant une apocalypse accessoire
L’hécatombe
En ce sens elle rôde en quête des personnes imprudentes
Surtout qu’elle est démasquée avec ces alertes rouges tous azimuts
Rouge comme les yeux qu’elle a endeuillés
Enfin que fais-je dans ce monde dont les entrailles ont happé ma muse ?
Impatient que l’autre rive me ressource de source de ma vie
De son haleine tout au moins vu que toutes ses odeurs s’estompent
Avec ces temps morts qui prend en spirale l’esprit des morts
Halte Covid-19 au cou couperet
Un fils poète ne pourrait faire le deuil de la créatrice de ses jours
Je ne pourrai plus supporter cette vie dans les bras de laquelle elle m’a mise
Dieu, faites que ma mère soit ressuscitée
Et que je puisse enfin me réconcilier
Déjà, je gribouillis allègrement cette épitaphe, ici git mon égérie
Indexant ipso facto l’univers qui ne m’inspire que l’inertie
Et la voix d’outre-tombe répond :
« Tu peux venger ou honorer la mort de ta mère
En respectant les mesures barrières.»

Nom: Brahim
Prénom: Mahamat Nour Gorou
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