Réveil

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Finaliste
Jury
Image de 2015
8 heures. Le réveil qui sonne, sonne, sonne...
Une heure trop tard !
Je l'éteins en catastrophe
Tout en pensant dans l'ode aux poissards,
J'occuperais bien dix strophes.

Mon sac, mes habits, tout était prêt.
Mais comment cela a-t-il pu m'arriver ?
Je sors en courant de chez moi sans déjeuner,
Car hier était la veille de ma rentrée.

Je cours, encore, toujours, de plus en plus vite.
Sous le nez des voitures, je me précipite.
Sous les klaxons qui m'insultent sans doute,
Je fatigue, je titube, j'ai sommeil,
Je manque de me perdre en cours de route,
Tout ça à cause de ce maudit réveil.

C'est au bout de dix minutes interminables
Que j'arrive enfin, épuisé,
Que j'arrive en terminale
Dans mon nouveau lycée.

Car je suis nouveau. Et bien paumé.
Les classes sont déjà parties dans leurs salles
Quand je demande à un surveillant où les trouver.
Erreur. C'était le principal.

Il me serre pourtant la main, que j'ai moite.
Je devrais ne pas insister, revenir demain.
Mais j'avoue que j'emménage au bout de la rue.
Il cours se laver la main en marmonnant « A droite ».

« A droite », c'est ma salle. Je frappe. « Entrez ».
« Bonjour, excusez-moi ». « Qu'est-ce que vous voulez ? ».
Énervé le prof. Silence. « Je suis nouveau. »
Erreur. Nouveau et en retard.
Je sens braqués sur moi une trentaine de regards
Qui me fixent comme une ordure débordant du caniveau.

A présent, on pourrait ainsi décrire l'atmosphère :
« Dans un trou de verdure où chante une rivière »
Comme dirait l'autre. J'attends que les secondes passent.
Puis il y a un déclic, le prof revient à la vie :
« D'accord, venez et trouvez-vous une place. »
Facile à dire, je ne connais personne ici.


Je m'assois entre deux boxeurs carrés comme des armoires.
Ni accueil exubérant ni chaleureux vœux de bienvenue,
C'est à peine s'ils m'ont vu.
Enfin, ils font juste semblant de ne pas me voir,
Comme tous les autres qui m'observent en cachette,
Je sens dans mon dos une dizaine de paires d'yeux
Et je me sens alors comme un rejet de toilettes,
Un animal qui attire les regards curieux

Mille questions circulent à mon sujet :
« Quelle taille ? », « Il sourit ? » « De quelle marque est son sac ? »
Je ne peux plus revenir en arrière, c'est le cul-de-sac.
J'ai juste envie de disparaître, de creuser.
Encore. Encore. Encore. Et de m'enterrer.

Profond.

7 heures. Puis le réveil sonne. Sonne. Sonne...
A l'heure.
A côté de mon lit, mon sac, mes habits.
Je ne suis pas en retard.
Il me vient alors une seule question :

Cette journée, sera-t-elle un rêve ou un cauchemar ?
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