Rétrovisions

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Polysémique poète du XXIème siècle passionné par l'exploration d'interstices et convaincu du pouvoir des voix et des mots  [+]

Je pars à l’aventure, explorer mes jadis
dans les hautes verdures de mes sombres interstices
Il a fallu m’armer pour pouvoir ressentir
les messages des aimés continents du partir.

A l’ouverture du coffre, le contenant attire.
D’emblée à moi, il s’offre. Je l’ai en ligne de mire.
Un vieux carton ami d’étranges déménagements
remplis d’objets enfouis qu’on garde absurdement.

Reliques d’adolescence au goût de premières fois
côtoient toute l’innocence d’un ticket de cinéma,
d’une toile au centre-ville ou bien dans un Palace,
des trucs un peu débiles qui prennent une sacrée place.

Des corps et des baisers, qui se livrent en trésor
Souvenirs embrasés dans une jarre de Pandore
« La peur de m’fracasser, de croire en l’anormal »
« Vit-on jamais assez nos jours pas si banals ? »

Des fumeux aphorismes des premières amoureuses
aux fameux fétichismes qui les rendirent heureuses.
Dans cette boîte à chaussures se retrouvent conservées
des traces de valeurs sûres aux bords sépia floutés.

Des photos du passé réveillent en moi chaleur,
de ce temps, délavé d’évanescentes couleurs.
Tant de musiques qu’on dansait dans la nuit des dance-floors
Ces années condensées nous rapprochent de la mort

Quelques lettres manuscrites au cœur de leur enveloppe.
De badines épîtres comme kaléidoscopes
plaisent à mes yeux ravis. L’adagio du regret
résonne inassouvi dans mes plus grands secrets.

Sentiments mélangés, de perte, de survivance
celle d’une vie échangée, sans recul, qui avance
entre l’irréversible et douce nostalgie
de beautés indicibles qui se dressent en vigie.

Le regard vers l’arrière, le mouvement vers l’avant
Palimpsestes d’avant-hier essoufflés par le vent
d’océans déchaînés aux mers d’huiles des plus calmes
Francs caps à traverser, aidé par de grandes palmes.

Dorures et cahiers quand j’vois ma vie en slow-mo’
Je la rédige suffocant. Elle se drape de mots.
Je repose ces clichés qui sont part de ma vie.
Vient le besoin de rédiger qui s’empare lui aussi

de mon bide, de mes doigts, cette envie de clarifier
les « il faut », les « tu dois », injonctions momifiées
les « fais-ci » les « fais-ça », tas d’idoles déifiées
les « faut pas », les « sois-toi », dois-je encore m’y fier ?

On a bien tous une boîte qui traîne dans un placard
qu’on ouvre les mains moites, qui nous mettra en retard.
Quelques heures ont passé. Je referme la mienne
Vit-on jamais assez ? Je te laisse à la tienne
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