Requiem pour les souvenirs

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La mémoire je l’ai dans le ventre
Et je ressasse sans pudeur
Toutes ces années perdues entre
Les maraudages de mon cœur
Les vénus de Panurge qui
M’ont chaviré les sentiments
Et les envies qui sont parties
Au creux des sillons du printemps
Quand repassent dans mes rues les chiens
Qui flottent comme des revenants
J’inscris au souffle divin
L’ésotérisme vieillissant
Regardez – vous vieilles crevures
Regardez Ô combien vos êtres
Sont pliés sous les gerçures
Du temps qui passe sous vos fenêtres

Et je conjugue au temps jadis
Vos mots vos paroles et vos gestes
Qui sous le papier s’unissent
Pour prendre des parures de poètes
J’ai enfin doublé l’écume
Pour voir sous une autre couture
Vos transparences de bitume
Je vous aime pour ce que j’endure
Un dernier verre et je reviens
Comme un voyageur sans bagages
Un juvénile clandestin
Qui se prend un autre virage
Ça vous taraude avec outrance
De savoir les autres meilleurs
Et par le jeu des apparences
Je meurs de vie à l’intérieur

Rappelle-toi ces cœurs d’ailleurs
Qu’on avait pris pour des lanternes
Et qui en moins de temps qu’on pleure
Sont devenus des messies ternes
Rappelle-toi cet albatros
Gauche de par son envergure
Poétisant comme un gosse
De ses petites aventures
Toi-même tu sais comment
Il a grandi dans ses délires
A pris les autres pour amant
S’est vu esclave du désir
Les secondes gagnées sur l’ivresse
De cette débauche vieillie
Au bordel de la jeunesse
Ont fini par baiser ses soucis

Les muses ça règnent sans malice
Sur de nécropoles vides
Et leurs deux lèvres suffissent
A mon spleen apatride
Je vois au loin se briser
Sur les rochers des pages blanches
Dans ces saisons fragilisées
Des perles coulent sur ma manche.
Fertilisez ce champ meurtri
Libérez ce souffle lointain
Emmenez-moi au paradis
Du sacré verbe latin
Au diable toutes vos guenilles
Mon vers se lape dans mes souvenirs
Habillés comme une fille
Qu’on a fumé sans plaisir

Et je repars un peu volage
Vers de nouveaux horizons
Comme un marin au grand large
Capitonné en illusions
Ô flots inconscients
Parabole dans la bohème
Quand j’allais mathématisant
Mon mal dans mes « je t’aime »
Les vagues portent inutiles
Un passé en bazar
Qui me renvoie en mille
Ce que je reçois d’un phare
Mais un phare ce n’est qu’un phare
Quand résonne la corne de brume
Au delà du brouillard
Il ne reste que la plume

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